Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête Livre

Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête. Des inédits sur les commissaires aux comptes, sur les comptes, sur le contrôle interne, sur les chiffres de la fraude. Livre en vente sur Amazon.

30 juillet 2008

Tiens, les nouveaux avocats de Jérôme Kerviel s'intéressent au débouclage et à la version de la Société Générale

Oh, new lawyers of Jerome Kerviel interested in the 6,4 billion euros loss in the Societe Generale fraud and the version of the General Society on its knowledge of facts

Une nouvelle stratégie de défense, faire la lumière sur ce qui s'est passé.

Les nouveaux avocats de Jérôme Kerviel, dont Me Guillaume Selnet, rescapé de l'ancienne équipe, et quatre autre avocats Mes Bernard Benaïem, Caroline Wassermann, Eric Dupond-Moretti, Francis Tissot cherchent également à challenger la version de la Société Générale, dans une optique d'approfondissement de ce qui s'est passé.

"Ces 6,5 milliards d'euros, ils sont partis où? Ils ont profité à qui?", s'est interrogé l'avocat Me Selnet qui part du principe qu'en "bourse rien ne se perd, tout se transforme". "J'aimerais savoir qui était en face", a-t-il souligné.

Je ne peux que leur conseiller de lire :

1) mon livre

http://olivierfluke.canalblog.com/archives/livre_edition_2_fraude_a_la_societe_generale__/index.html

2) mon blog, et notamment

l'article Qui a profité des 6,4 milliards d'euros de perte de débouclage de la Société Générale ?

http://olivierfluke.canalblog.com/archives/qui_a_profite_des_6_4_milliards_d_euros_de_perte__/index.html

et celui sur la découverte de la fraude

http://olivierfluke.canalblog.com/archives/inedit_decouverte_de_la_fraude/index.html

3) et le blog de Sauvezkerviel.

http://sauvezkerviel.canalblog.com/ où un article sur les incohérences de l'été 2007 a été posté http://sauvezkerviel.canalblog.com/archives/2008/07/08/9854591.html



23 juillet 2008

Synthèse sur la revue des livres sur la fraude à la Société Générale et comparaison

Synthèse sur la revue des livres sur la fraude à la Société Générale et comparaison

En dehors de mon livre Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête, les 4 livres parus sur l'affaire de la fraude à la Société Générale sont :

1) Trader L'affaire Kerviel ou la folie du système financier par William Emmanuel

2) L'homme qui valait 5 milliards Quand le capitalisme financier devient fou par Mélaine Delattre et Emmanuel Levy

3) Le Joueur Jérôme Kerviel seul contre tous par Paul-Eric Blanrue et Chris Lafaille

4) Cinq milliards en fumée Les dessous du scandale de la Société Générale par Pierre-Antoine Delhommais

Ces 4 livres sont bien écrits et se lisent assez facilement.

Au niveau de la compréhension technique, ils présentent tous des erreurs et des imprécisions.

Mon livre est le seul à véritablement challenger les données publiées par la Société Générale en la matière.

Lorsque j'avais contacté une personne de la Direction de la Communication de la Banque de Financement et d'Investissement de la Société Générale, cette personne m'avait d'ailleurs affirmé que j'étais le seul à m'intéresser au débouclage et qu'elle était surprise que je ne m'intéresse pas au profil psychologique de Jérôme Kerviel.

En effet, mon livre porte exclusivement sur la technicité de la fraude.

Les problématiques de la comptabilité sont quasiment absentes des 4 livres, à part quelques phrases, dont certaines erronées. Il en est de même de l'approfondissement du contrôle interne. La problématique des commissaires aux comptes est absente des 4 livres.

Certains livres se sont étonnés que 1,4 milliard d'euros de trésorerie positive puisse passer inaperçue fin 2007 et début 2008. Pourtant, aucun n'est allé aussi loin que mon livre, qui montre que la problématique d'une trésorerie négative de 2 milliards d'euros à fin juin 2007 est autrement plus alarmante, sans qu'une détection n'ait eu lieu.

Les 4 livres comparent le trader à Tom Cruise. Comparaison qui n'a pas sa place dans une enquête purement financière.

Certains livres utilisent des phrases romancées "dehors le temps vient de changer. Depuis quatorze heures, le soleil a tourné de l'oeil, laissant place à de gros nuages gris qui se jettent en cascade sur Paris."

3 des 4 livres parlent des subprimes, de l'histoire du développement de la Société Générale sur les marchés financiers.

Les 4 livres ne remettent pas en question la responsabilité de Jérôme Kerviel dans la fraude, certains tentent de l'expliquer (théorie du joueur, de l'aveuglement). La responsabilité de la Société Générale n'est pas occultée dans les 4 livres.

Ma thèse sur la fraude à la Société Générale est la suivante :

Au niveau du trader

Jérôme Kerviel, ambitieux, a eu besoin, pour acquérir plus de reconnaissance rapidement, de prendre des risques qui dépassaient ses limites. Il a vu qu'il pouvait ne pas se faire repérer et s'est engouffré dans la brèche. Il a eu de la réussite (et les défaillances de la Société Générale l'ont aidé) que sa première grosse position finisse par générer du bénéfice l'été 2007, alors qu'il était resté plusieurs semaines déficitaire, sans se faire prendre. Ayant gagné, pris au jeu, il poursuit et dégage à nouveau un bénéfice fin 2007. Ne sachant pas s'arrêter, ivre du jeu, il poursuit début 2008, mais là il est perdant dès le début. Découvert alors qu'il est perdant, le jeu s'arrête.

Au niveau de la Société Générale

La responsabilité dans la persistance d'une telle fraude sur plusieurs mois se situe à tous les niveaux de Direction de la Société :

Présidence : pour être responsable du la définition du contrôle interne, qui se repose trop sur la surveillance permanente, pour ne pas avoir permis aux contrôles de suivre le développement de l'activité, pour ne pas avoir engagé les réformes de mise à niveau des systèmes d'information

Direction de la Banque de Financement et d'Investissement : pour avoir développé une culture du résultat dans laquelle les contrôles n'avaient pas la meilleure place

Responsabilité hiérarchique du trader : pour ne pas avoir détecté les positions non-autorisées

Direction Financière : pour ne pas avoir mis en place un processus d'établissement des états financiers fiables, pour ne pas avoir détecté que les comptes au 30 juin 2007 étaient faux de 2 milliards d'euros, pour ne pas être en mesure de comprendre à 2 milliards d'euros près le niveau de sa trésorerie, ce qui est quand même le comble pour une banque, pour ne pas être en mesure de faire en sorte que son contrôle de gestion comprenne d'où vient le résultat

Direction des Ressources Humaines : pour ne pas suivre les congés des salariés traders, pour avoir propulsé un responsable n+1 qui ne semblait pas maîtriser le sujet

Commissaires aux comptes : pour ne pas avoir émis une opinion défavorable sur le contrôle interne déficient, pour avoir certifié des comptes 2007 intégrant des opérations de 2008 ce qui est contraire aux normes.

Et il en manque très certainement ...

Trop de confiance, trop d'autonomie, trop de laxisme, pas assez de remise en question.

Les zones d'ombre dans cette affaire sont encore trop importantes pour s'arrêter là : débouclage, appels de marge Eurex, connaissance ou non des opérations non-autorisées par des n+?, responsabilité de la Direction Financière ...

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22 juillet 2008

4 Cinq milliards en fumée Les dessous du scandale de la Société Générale par Pierre-Antoine Delhommais

Cinq milliards en fumée Les dessous du scandale de la Société Générale par Pierre-Antoine Delhommais

Seuil

158 pages après la conclusion 16 euros

Mars 2008

Le livre est bien écrit et se lit facilement.

Contenu

Les subprimes, les mécanismes de dissimulation, le métier de trader, les scandales de trading, la Société Générale et son développement sur les marchés, analyse psychologique, deux pages sur les mystères d'Eurex

Thèse du livre

La folie du joueur, emporté par le tourbillon des paris.

Autres commentaires

En quatrième de couverture, "Jérôme Kerviel, jeune homme un peu réservé, avec un faux air de Tom Cruise".

En page 18, deux assistants traders du desk Delta One qui participent aux recherches, et qui côtoient quotidiennement, craquent. Ils s'effondrent en larmes devant l'énormité des positions cachées qu'ils découvrent."

Cela réduit la possibilité que le desk Delta One ait pu être au courant après les alertes Eurex de novembre 2007 du gain de plus d'un milliard d'euros réalisé par Jérôme Kerviel en 2007. Peut-être que seul Eric Cordelle, voire son assistant trader étaient finalement au courant ?

En page 20, "vendredi 18, à la fermeture des places européennes, ses engagements affichent une perte de 2,7 milliards d'euros".

L'estimation effectuée de la perte latente le vendredi 18 janvier 2008 au soir dans mon livre "Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête" montrait un montant de 2,5 milliards d'euros, très proche de ce chiffre, qui, s'il est exact, montre la pertinence de mes calculs. Toutefois, les engagements ne sont pas de 50 milliards d'euros, aux 49 milliards d'euros il convient d'ajouter cette perte latente !

Erreurs et imprécisions (meilleure compréhension technique des 4 livres revus, pourtant édité avant les 3 autres)

En page 14, "pour toutes ses opérations fictives de 2007, Jérôme Kerviel avait utilisé des contreparties internes au groupe, de façon à n'éveiller aucune suspicion. Mais là, pour des problèmes comptables liés au passage de fin d'année, il est coincé. Il ne peut plus recourir à cette technique."

En fait, Jérôme Kerviel a bien utilisé une contrepartie interne mais à dû modifier cette contrepartie en la banque Baader suite à des contrôles. D'autres contrôles l'ont obligé à modifier à nouveau cette contrepartie.

En page 17, concernant les positions 2007, l'auteur écrit "Jérôme Kerviel a pris d'énormes positions spéculatives, bien réelles cette fois, sur les contrats à terme d'indices boursiers européens (Dax, Footsie, Eurostoxx)."

Ce n'est pas vrai pour le Footsie, pour lequel des positions significatives ont été prises en janvier 2008.

En page 60, "il appréciait tout particulièrement les achats-ventes de forwards à date décalée dans le futur."

Pas exactement. Les forwards ont été notamment utilisés à l'occasion des clôtures comptables importantes, le 30 juin 2007 et le 31 décembre 2007. Les rapports définitifs publiés fin mai 2008 par la Société Générale montrent un total de 61 forwards sur 947 opérations fictives annulant les risques de marché et le résultat latent. Ce sont les futures sur indices (620 opérations fictives) qui étaient le plus utilisés.

En page 60, "la Société Générale note aussi que Jérôme Kerviel "usurpait les codes d'accès informatiques appartenant à des opérateurs pour annuler certaines opérations". Devant les policiers de la brigade financière, il avoue que cela "a pu arriver à une ou deux reprises, mais pas dans l'idée de nuire à la personne"."

Pourtant, dans les rapports définitifs de la Société Générale fin mai 2008, "enfin JK a utilisé le système informatique du front office pour enregistrer de nombreuses écritures fictives ou indues mais nous n'avons pas détecté d'utilisation de l'identifiant d'un autre agent à son insu".

C'est ce qu'il convenait de comprendre déjà à partir du rapport intermédiaire du comité spécial du 20 février 2008 : Jérôme Kerviel n'a pas eu besoin d'usurper des codes informatiques pour déjouer les contrôles, il a utilisé les failles existantes du système d'information !

Les procès-verbaux de la garde à vue de Jérôme Kerviel sont annexés au livre. En page 184, "Si j'en ai utilisé un, c'est celui de mon assistant Thomas M., mais pas du tout pour lui nuire et de de façon très épisodique". Pas d'usurpation de codes, la session de l'assistant était ouverte ou bien des macros Excel avaient une ouverture automatique sur son login. En page 185, "je ne connais pas son login, mais il a pu avoir ouvert une session sur mon poste sans la fermer".

En page 64, "il commence à vendre des contrats à terme sur les indices boursiers européens." Non, il prend des contrats qui portent sur la vente à terme d'indices boursiers européens. Nuance !

En page 65, "ce retournement lui permet d'afficher un gain de 1,4 milliard d'euros à la fin décembre". Non, le trader a débouclé sa position de 30 milliards d'euros l'été 2007 pour générer 0,5 milliards d'euros de gain réel et a constitué une autre position qu'il a débouclée fin 2007, lui permettant cette fois d'atteindre en cumulé un gain réel de 1,4 milliards d'euros.

En page 105, "un montant qui semble faramineux mais qui l'est beaucoup moins quand on le rapporte à la taille de son engagement : 30 milliards d'euros. Un rendement annuel de 4,6 %".

Inexact. Pour résumer, le bénéfice de 1,4 milliard d'euros a été obtenu en deux fois : une première fois 0,5 milliard d'euros à partir de 30 milliards d'euros de positions débouclées l'été 2007, une deuxième fois 1 milliard d'euros à partir de 30 milliards d'euros de positions débouclées fin 2007. Le rendement annuel calculé n'est donc pas de 4,6 % selon l'auteur mais de deux fois moins.

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21 juillet 2008

3 Le Joueur Jérôme Kerviel seul contre tous par Paul-Eric Blanrue et Chris Lafaille

Le Joueur Jérôme Kerviel seul contre tous par Paul-Eric Blanrue et Chris Lafaille

Editions Scali

Mars 2008 151 pages 139 pages avant le lexique

15 euros

Le livre est bien écrit et se lit facilement.

Contenu

Chapitre I Retour sur le suicide d'un salarié de la Société Générale en 2007 Luigi Casu

Chapitre II Découverte et annonce de la fraude

Chapitre III Interview d'un trader pour en cerner le métier

Chapitre IV La fraude et la découverte de la fraude

Chapitre V Les alertes, la hiérarchie

Chapitre VI Etude psychologique, présentation de Jérôme Kerviel

Thèse du livre

Le joueur, qui se rend compte qu'il finit par gagner en trichant. Alors il pense qu'il va certainement finir par gagner.

Autres commentaires

En page 11 "Comme dans le film tiré du livre de John Grisham, La Firme, dont le héros, Tom Cruise, lui ressemble tant selon la presse"

En page 13 "Kerviel, en tout cas, ne s'est pas enrichi personnellement".

Comme envisagé dans mon livre, l'enrichissement personnel dans le cadre d'opérations de marché peut très bien passer par un tiers qui lui aura pu bénéficier des pertes de la Société Générale, et qui peut reverser un avantage par exemple sur un compte à numéro dans une place financière exotique.

En page 111, les auteurs écrivent de manière pertinente que la détention en janvier 2008 par la Société Générale par l'intermédiaire des opérations non autorisées de Jérôme Kerviel de 70 % de l'open interest du DAX mars 2008 relève du mystère.

La page 126 sur la confiance et sur la responsabilité de la Société Générale est excellente.

Erreurs

L'explication de la méthode de dissimulation des positions non-autorisées est sommaire.

En page 75, "Dans le même temps, pour garder sa position spéculative et déjouer les contrôles, il construit une position inverse, totalement fictive ... la somme des positions réelles est ainsi additionnée à la somme des positions fictives, et le tout est égal à zéro, ou peu s'en faut, car il faut rester dans les limites".

Je me mets à la place d'un lecteur tout public. A la lecture de ce passage, je comprends qu'en fait Jérôme Kerviel a créé un portefeuille de futures identique au réel, mais de sens inverse, permettant de déjouer les contrôles.

Cette explication est en effet erronée. Les opérations fictives avaient deux objectifs distincts : l'un de contourner les contrôles portant sur le risque de marché, l'autre de dissimuler du résultat. Pour dissimuler du résultat, pas forcément besoin de créer un portefeuille aux caractéristiques identiques. Ainsi, le trader a utilisé des achat vente d'actions à prix différent pour générer du résultat fictif, mais la position n'est pas inverse, il ne s'agit même pas des mêmes instruments financiers réels. Quant au risque de marché, les instruments financiers utilisés dépendaient de leur détection par les contrôles existants.

La problématique de dissimulation des opérations non-autorisées est par conséquent bien plus complexe que celle décrite dans le livre.

En page 76, "ces opérations dûment enregistrées et comptabilisées". Là encore c'est un raccourci. Au contraire de ce qui est écrit, certaines des opérations fictives n'étaient jamais comptabilisées et permettaient tout de même de dissimuler du risque de marché. Pourquoi ? Parce que les contrôles de comptabilité sont mensuels et ceux portant sur le risque de marché sont quotidiens, il y avait ainsi des opérations fictives qui étaient annulées avant leur enregistrement en comptabilité mais qui ont pu servir à dissimuler du risque de marché.

En page 78 "pour réaliser ces subterfuges, il a dû usurper des codes informatiques appartenant à des opérateurs". Comme l'indique le rapport de l'Inspection de la Société Générale du 20 février 2008, bien avant la parution du livre, les accès indus initialement identifiés n'ont finalement pas été avérés. L'investigation d'éventuelles usurpations informatiques se poursuivaient, mais aucune information ne permettait d'écrire ce qu'écrit l'auteur. Les rapports définitifs de la Société Générale de fin mai 2008 ont confirmé que le trader n'avait pas eu besoin d'usurper des codes informatiques. La correcte compréhension du mécanisme de la fraude le permettait également.

Les auteurs persistent en page 104.

En page 83, "fin juillet, il a atteint 2,2 milliards de pertes." Faux, ce n'est pas fin juillet mais fin juin 2007.

En page 85, il adopte une position longue, acheteuse, sur environ 90 000 futures DAX et 780 000 futures Eurostox50 et quelques milliards de Footsie. Cette position lui fait gagner 1,4 milliards d'euros !"

C'est faux. Les auteurs confondent avec les positions prises en janvier 2008 ! Il n'y avait pas de future Footsie au troisième trimestre dans les opérations de Jérôme Kerviel. Les contrats cités correspondent bien à ceux de janvier 2008 pour le future DAX et le future Eurostox50.

En page 91, "l'accumulation des gains qu'il devait camoufler l'a conduit à se dévoiler malgré lui et à commettre des fautes irréparables qui l'ont fait repérer."

Si perdre signifie pour les auteurs se faire prendre, alors la phrase est exacte. Mais perdre signifie avant tout perdre de l'argent, ce qui importe le plus pour un joueur, et alors la phrase est erronée. Ce n'est pas parce que Jérôme Kerviel a camouflé ses gains de 2007 qu'il a pris de nouvelles positions en 2008 qui elles se sont révélées perdantes.

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20 juillet 2008

2 L'homme qui valait 5 milliards Quand le capitalisme financier devient fou par Mélaine Delattre et Emmanuel Levy

L'homme qui valait 5 milliards Quand le capitalisme financier devient fou par Mélaine Delattre et Emmanuel Levy

First Editions

Juin 2008

209 pages 193 pages jusqu'au lexique

19,9 euros

Le livre est bien écrit et se lit facilement.

Contenu

Chapitre I

Chapitre II Anecdotes de traders

Chapitre III Le niveau de rémunération des traders

Chapitre IV Historique des fraudes de trading

Chapitre V Présentation de Jérôme Kerviel Les positions prises

Chapitre VI Découverte et annonce de la fraude

Chapitre VII Entretien avec Daniel Bouton

Chapitre VIII Développement des marchés et du trading sur la place de Paris

Chapitre IX Les péchés de la Société Générale, peu de détails sur les alertes, le contrôle interne.

Chapitre X Crises boursières, les subprimes

Thèse du livre

Le joueur, qui se rend compte qu'il finit par gagner en trichant. Alors il pense qu'il va certainement finir par gagner.

Autres commentaires

En page 5 "Un jeune trentenaire, plutôt beau gosse : sur l'unique photo de lui qui circule, i la un faux-air de Tom Cruise".

En page 21 "En poste à Hong-Kong au milieu des années 90, Jean-Pierre Mustier ... n'avait pas hésité à toucher les seins d'une nouvelle recrue pour ganger son pari avec un client".

En page 102, une information intéressante "Un peu plus tôt, l'opération de débouclage menée par Maxime Kahn s'est terminée. Officiellement du moins. En réalité, le trader clôturera la dernière position made in Kerviel dans la journée de vendredi." Ainsi donc le débouclage se serait poursuivi jeudi 24 janvier et vendredi 25 janvier. Les auteurs n'indiquent pas s'ils s'agissait de montants significatifs, pouvant remettre en question les paramètres de débouclage tels qu'ils ont été publiés par la Société générale et validés par les commissaires aux comptes !

Les pages 148 et 149 sur la "martingale" de Jérôme Kerviel, c'est-à-dire la méthode pour gagner sont très pertinentes et s'appliquent assez bien au scénario des prises de position du trader.

En page 166, "un trader de Delta One" nous a par ailleurs assuré qu'en décembre déjà, Cordelle avait demandé à JK de placer une partie de cette monumentale cagnotte afin de générer des intérêts - ce qu'à confirmé le jeune homme lors de ses auditions."

Est-ce l'assistant trader, plutôt qu'un trader ? Est-ce bien le mois de décembre ?

C'est en tout cas une information essentielle. Néanmoins, attention, car s'appliquant au mois de janvier 2008 une telle information a déjà été révélée.

Dans mon livre "Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête", la non-connaissance par la hiérarchie de Jérôme Kerviel des activités non-autorisées est estimée douteuse à partir des courriers d'Eurex au mois de novembre 2007. "Comment les opérations non-autorisées auraient-elles alors pu passer inaperçues à la Société Générale alors qu'elles ne l'étaient pas à Eurex ? Est-ce que ce n'est pas toute la salle Delta One, qui aurait été dissoute depuis peut-on lire dans le livre, qui aurait été au courant depuis cette date mais aurait participé au silence afin de profiter de bonus, d'éponger des pertes, ou encore de profiter du magot postérieurement ?

Erreurs

Dès le quatrième de couverture, "la banque révèle avoir été victime d'une fraude massive d'un montant de 4,9 milliards d'euros auxquels s'ajoutent les pertes liées à la crise des subprimes, soit un total de près de 7 milliards d'euros, à ce jour ces pertes vertigineuses sont attribuées à la "folie" d'un seul homme, Jérôme Kerviel"

C'est gonflé d'associer les pertes des subprimes à Kerviel !!!

En page 9 "les codes d'accès des services d'encadrement de l'activité de trading, que le jeune trentenaire avait gardés ou volés lors de son passage dans le service". Comme l'indique le rapport de l'Inspection de la Société Générale du 20 février 2008, bien avant la parution du livre, les accès indus initialement identifiés n'ont finalement pas été avérés. L'investigation d'éventuelles usurpations informatiques se poursuivaient, mais aucune information ne permettait d'écrire ce qu'écrit l'auteur. Les rapports définitifs de la Société Générale de fin mai 2008 ont confirmé que le trader n'avait pas eu besoin d'usurper des codes informatiques. La correcte compréhension du mécanisme de la fraude le permettait également.

Les auteurs persistent en page 10 "JK ne s'est pas seulement introduit comme un hacker dans le système informatique, une fois comme ça, ni vu ni connu. il a répété la manipulation des dizaines, des centaines de fois."

En page 71 "En novembre 2007, le jeune arbitragiste touche au but. Même s'il n'est pas encore JK superstar, son nom commence à circuler dans les salles de marché de la concurrence. Il est le trader dont le book recèle une ressource rare : 1,4 milliards cash."

Cette dernière phrase laisse à penser que le bénéfice réalisé par Jérôme Kerviel en 2007, 1,4 milliards d'euros, au titre de ses opérations non-autorisées était connu dès le mois de novembre 2007. Quelle information permet aux auteurs d'écrire cela, alors que l'ensemble des rapports de la Société Générale (notamment la chronologie de la découverte de la fraude), des dépositions et des articles sur le sujet laissent à penser que ce n'est que le 19 janvier 2008 que la Société Générale apprend l'existence d'un bénéfice de 1,4 milliards d'euros ?

En page 72, "même si tout le monde pense que ce trésor est virtuel, qu'il va se volatiliser fin mars, lorsque le trader devra dénouer sa deuxième position, celle qui s'avérera fictive ...".

L'explication est surprenante, puisque dans le cas de Jérôme Kerviel les opérations non-autorisées prises en janvier 2008 sur les échéances du mois de mars 2008 sont bien réelles. Difficile à comprendre par conséquent !

En page 78, "il parie sur une dégringolade généralisée des indices boursiers européens courant 2007, ciblant plus particulièrement le DAX, l'Eurostoxx et le Footsie, tous cotés chez Eurex."

Faux, le future Footsie n'est pas coté chez Eurex. Ce n'est qu'en janvier 2008 que Jérôme Kerviel a misé sur le future Footsie, sauf information exclusive pour les auteurs. Et ce n'est qu'au troisième trimestre 2007 que Jérôme Kerviel a misé sur le future Eurostox50.

En page 79, "à la veille du début "officiel" de la crise, début août, ses pertes culminent à -2,4 milliards milliards d'euros".

Faux ! Début août, les positions du trader sont en cours de débouclage et sont gagnantes !

En page 80, "en novembre, avec l'aggravation de la crise, c'est carrément Bysance : cette même position s'envole pour atteindre les 1,4 milliards dont on entendra souvent parler par la suite."

Faux, il ne s'agit pas de la même position. La position de l'été 2007 a été débouclée.

En page 81, "il a donc programmé à mars 2008 l'arrivée à échéance de sa position fictive, histoire de profiter de sa montagne de cash pendant quelques mois".

Faux là encore, les positions à échéance mars 2008 ont été prises en janvier 2008. Les positions qui ont généré 1,4 milliards d'euros de bénéfice en 2007 ont été débouclées avant la fin de l'année 2007.

Pourtant en page 83, les auteurs écrivent "en moins de treize jours ouvrés, il monte une énorme position, la plus grosse qu'il ait jamais prise. Il engage 50 milliards d'euros." De quoi décontenancer le lecteur vigilant.

En page 87, "alors qu'il utilisait jusque-là dans le cadre de ses transactions fictives des contreparties internes à la banque, attirant peu l'attention, il change de mode opératoire et inscrit comme partenaire imaginaire un petit courtier allemand, Baader."

Faux ! Jérôme Kerviel avait bien utilisé une contrepartie interne à la banque, Clickoptions, mais il a dû changer de contrepartie afin de faire cesser un clignotant que des contrôleurs avaient allumé début janvier 2008 !

En page 96, ""on se demande comment on va déboucler l'énorme position prise par Kerviel" commente-t-il. Et notamment les 140 000 contrats Dax."

Il ne s'agissait pas de 140 000, mais de 90 000 contrats Dax, dont le montant total représentait moins que ceux de l'Eurostox50 !

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19 juillet 2008

1 Trader L'affaire Kerviel ou la folie du système financier par William Emmanuel

Trader L'affaire Kerviel ou la folie du système financier par William Emmanuel

Mai 2008 127 pages après la conclusion

11 euros

Le livre est bien écrit et se lit facilement.

Thèmes développés

- la crise des subprimes ;

- la présentation de Jérôme Kerviel et du monde des traders ;

- le film de la découverte de la fraude en janvier 2008 ;

- le film judiciaire ;

- l'historique de la Société Générale et sa mise en danger par la fraude.

Thèse du livre

Jérôme Kerviel est responsable d'avoir dissimulé des opérations non autorisées, mais dans un contexte qui l'y a poussé, sous-tendant ainsi la responsabilité de la Société Générale.

Autres commentaires

Comparaison relevée dans l'ensemble des 4 livres édités. En page 18 "les voisins du trader se montrent discrets. Plusieurs d'entre eux, en particulier les femmes, trouvent qu'il présente une vague ressemblance avec l'acteur américain Tom Cruise".

Les pages 113 à 117 évoquent pour partie le contrôle interne et son niveau au sein de la Société Générale.

En page 121, la promotion de Frédéric Oudéa est indiquée, sans aucune critique au regard de sa responsabilité en tant que Directeur Financier, alors que les comptes semestriels et annuels sont faux.

Une phrase illustre le niveau d'analyse que certains journalistes utilisent pour remplir leur oeuvres. en page 31 :

"Plutôt beau garçon, il est courtisé par une salariée de la salle de marché qui est tombée amoureuse de lui. Il n'y prête pas attention".

Erreurs relevées

De nombreuses erreurs de compréhension ou d'appréhension technique, parfois vraiment grossières, ont été relevées dans le livre.

Les principales erreurs sont commentées ci-après.

En page 39, au sujet du débouclage par JK en juillet et en août 2007 de ses positions prises jusqu'au mois de juillet 2007 qui génère un bénéfice réel de 500 millions d'euros : "et ne sait comment annoncer une telle bonne nouvelle, qui améliorerait considérablement les comptes semestriels de la banque".

C'est une erreur énorme. Ce ne sont pas les comptes semestriels 2007 de la banque qui auraient dû être augmentés de 500 millions d'euros, mais les comptes du troisième trimestre ! Quant aux comptes semestriels, ils auraient dû être diminués de 2 milliards d'euros. La nuance n'est pas mince.

Il est quand même étonnant qu'un journaliste qui prétend avoir "suivi l'activité des grandes entreprises françaises" et lancé un site d'information économique puisse produire une telle erreur.

L'aspect comptabilité est très peu développé dans le livre, mais la problématique des comptes 2007 faux est tout de même évoquée sur une demi-page, toutefois sans rentrer plus avant dans la technique

Des incompréhensions dans les termes financiers sont présents, comme en page 36 "il décide donc d'être short, de vendre des futures et augmente sa position vendeuse". Des futures sont des contrats à terme où on s'engage à acheter ou à vendre, ce ne sont donc pas les futures qui sont vendus !

En page 37, "le service de comptabilité adresse un courriel ... pour réclamer des explications sur des écarts de résultat entre ce qui est saisi dans le système et le book concernant certaines opérations".

C'est une erreur. Ce qui est saisi dans le système c'est Eliot, et le book, c'est Eliot. Il s'agissait d'un écart entre le front-office (Eliot) et la comptabilité.

En page 38 l'auteur écrit "pourquoi donc la hiérarchie reste-t-elle inerte ? Pour JK la réponse est simple "Je générais du cash"".

Au moment où l'auteur insère ces lignes, on est en plein le mois de juin 2007, où les positions de Jérôme Kerviel sont perdantes, il ne générait en rien du cash !

L'auteur persiste en page 38 "il est confiant, d'autant que ses placements sont "générateurs de cash".

Les placements de Jérôme Kerviel obligent la Société Générale à verser en cumulé à Eurex 2 milliards d'euros d'appels de marge fin juin 2007, en quoi est-il générateur de cash ?

Certes Jérôme Kerviel avait dégagé un résultat de 5 millions d'euros en 2005 et 12 millions d'euros en 2006. Mais de tels montants n'ont rien à voir avec les engagements de dizaines de milliards de dollars pris en juin 2007. Surtout qu'une des alertes du mois de juin 2007 listée dans le rapport de l'inspection porte sur 74 000 contrats DAX (environ 15 milliards d'euros). Quelques millions d'euros ne sont pas significatifs face à de tels ordres de grandeur.

Je croyais que le trader n'avait pas pris de vacances, pourtant on peut lire en page 39 "même pendant mes vacances, mon manager m'appelait pour me demander quelle position prendre". Si c'est son ancien manager, Alain Declerck, alors cette phrase est mal située dans des paragraphes qui exposent la situation de l'été 2007. D'ailleurs, en page 40, "du reste il ne prend pas de vacances".

Dans le livre "Le Joueur, Jérôme Kerviel seul contre tous", les auteurs indiquent page 103 que le trader a pris 4 jours de congés en août. Si cette information est vraie, alors ma remarque est non avenue.

En page 40, "le 20 août ..." "Le trader efface très vite les opérations suspectes du système, produit des justificatifs falsifiés pour faire croire à une erreur et peut attendre sans crainte une nouvelle inspection qui, comme prévu, ne permet plus de déceler de problème".

Pourtant à ma connaissance rien n'a jamais été effacé du système, les opérations en attente étaient annulées. Il ne faut pas confondre effacer et annuler. En informatique, effacer peut laisser penser à une manipulation du système. Des justificatifs falsifiés, ce sont les mails et il n'y en a pas en août 2007, c'est incohérent.

En page 46, "fin décembre, il solde l'essentiel de ses positions en générant, comme prévu, un profit de 1,4 milliard".

C'est une imprécision, le trader déboucle des positions du 7 novembre au 31 décembre, et même son P&L est stable tout le mois de décembre, le débouclage ayant sans doute eu presque totalement lieu avant.

En page 61 "une petite équipe de traders ... découvre que, sur l'année 2007, le jeune homme a engagé jusqu'à 30 milliards d'euros sur divers contrats boursiers".

Erreur, c'est plus puisque 30 milliards d'euros ont été engagés jusqu'en juillet 2007 puis à nouveau 30 au dernier trimestre : cela fait 60 milliards d'euros sur 2007 !!!!

Cette petite équipe de traders aurait trouvé les opérations de 2007 et pas celles de 2008 dans un premier temps.

En page 63 Luc François l'interroge "as-tu fait quelque chose en 2008 ?"

Alors qu'ils viennent d'apprendre que Jérôme Kerviel avait menti, les dirigeants de la Société Générale se seraient contenté de poser la question pour 2008 ?

D'après le livre de Pierre-Antoine Delhommais Cinq milliards en fumée, la question aurait été posée à 9h du matin et il aurait aussitôt été "demandé à la cellule de crise de passer en revue les transactions de Jérôme Kerviel depuis le début de l'année." C'est quand même plus logique.

Posté par Olivier Fluke à 16:20 - AUTRES LIVRES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juillet 2008

La deuxième édition est en ligne sur Amazon !

C'est le seul livre, parmi les 4 édités (voir rubrique Autres Livres) jusqu'à présent, à :

- se concentrer sur la compréhension de la fraude et sur des aspects techniques très peu abordés dans les autres ouvrages (comptabilité, contrôle interne) ; les subprimes, le profil psychologique de Jérôme Kerviel et sa comparaison à un acteur d'Hollywood ne font pas partie de cette enquête 100 % technique ;

- à challenger les informations rendues publiques par la Société Générale, comme par exemple les données chiffrées du débouclage des opérations ;

- la revue des autres livres montre des erreurs de compréhension technique ou des imprécisions quant à la technicité de la fraude.

Lien Amazon http://www.amazon.fr/Fraude-Soci%C3%A9t%C3%A9-G%C3%A9n%C3%A9rale-Compl%C3%A9ments-denqu%C3%AAte/dp/2952977925/ref=sr_1_8?ie=UTF8&s=books&qid=1216801848&sr=8-8

Posté par Olivier Fluke à 10:28 - Livre édition 2 Fraude à la Société Générale ? - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 juillet 2008

Qui a profité des 6,4 milliards d'euros de perte de débouclage de la Société Générale ?

Who benefited from the 6,4 billions of euros of loss in the Societe Generale and Jerome Kerviel fraud ? (for english, please use translator tool)

Cet article ne prétend pas apporter des révélations fracassantes sur le sujet. Néanmoins, des pistes d'analyse ont été explorées pour tenter d'approfondir le sujet.

N'hésitez pas à commenter, à critiquer, à apporter des corrections.

Retour sur les données chiffrées

Entre le 21 et le 23 janvier 2008, la Société Générale a soldé, dans des conditions de marché défavorables, les positions non-autorisées prises par Jérôme Kerviel entre le 2 et le 18 janvier 2008.

Ces positions s'élevaient à 49 milliards d'euros selon la Société Générale.

Selon l'auteur du livre "Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête", 49 milliards d'euros représenteraient la situation nette des positions le 18 janvier au soir. Les positions brutes s'élèveraient en fait à 51,8 milliards d'euros selon les estimations de l'auteur.

La décomposition des positions brutes du trader serait la suivante :

- Future DJ Eurostoxx 50 : 786 970 contrats, 31,6 milliards d'euros

- Future DAX : 89 955 contrats, 16,6 milliards d'euros

- Future Footsie 100 : 14 751 contrats, 1,1 milliards d'euros

sur un total de 49,3 milliards d'euros.

Le future DJ Eurostoxx 50 (FESX) et le future DAX (FDAX) sont échangés à la chambre de compensation d'Eurex, le future Footsie 100 est échangé au Liffe à Londres.

Sachant que la perte de 6,4 milliards d'euros est quasiment imputable aux futures DAX et DJ Eurostoxx 50, le future FTSE ne sera pas développé.

Un jeu à somme nulle

Problématique du gain pour les contreparties

Le mécanisme d'achat-vente de tels futures implique qu'il s'agit d'un jeu à somme nulle.

Un future est un contrat à terme standardisé permettant de s'assurer ou de s'engager sur un prix pour une quantité déterminée du sous-jacent à une date future.

Lorsque Jérôme Kerviel a parié à la hausse sur le DAX en achetant par exemple le 10 janvier 2008 x contrats de future DAX échéance Mars 2008 au cours du 10 janvier, il existe une contrepartie qui elle à parié à la baisse sur le DAX. La contrepartie s'est-elle engagée à livrer du DAX au cours du 10 janvier. Comme du 21 au 23 janvier 2008 le cours du future DAX a baissé sensiblement par rapport au cours du future DAX du 10 janvier, cette contrepartie était alors en situation de bénéfice.

Si les contrats de futures de la Société Générale ont été dénoués avec cette même contrepartie entre le 21 et le 23 janvier 2008, alors cette contrepartie a réalisé son bénéfice directement avec la Société Générale.

Mais peut-être que cette contrepartie a dénoué plus tard ses contrats, et qu'une autre contrepartie est intervenue entre le 21 et le 23 janvier 2008 pour racheter les contrats de la Société Générale.

En tout état de cause, les contreparties entre le 2 et le 18 janvier 2008 de la Société Générale ont toutes les chances d'avoir été gagnantes.

Il est tout de même intéressant d'étudier l'évolution du cours du future DAX et du future FESX échéance Mars 2008 jusqu'à son dénouement.

Le dernier jour pour échanger des futures DAX et DJ Eurostoxx 50 pour l'échéance Mars 2008 était le 20 mars 2008.

On observe que le plus bas de la période du 2 au 18 janvier était pour le FDAX de 7 342,5 euros le 18 janvier, qui constitue un plus haut par rapport à la période du 21 janvier au 20 mars 2008.

On observe que le plus bas de la période du 2 au 18 janvier était pour le FESX de 4 001 euros le 18 janvier également, qui constitue un plus haut par rapport à la période du 21 janvier au 20 mars 2008.

Par conséquent, une contrepartie des positions de Jérôme Kerviel du 2 au 18 janvier 2008 était forcément gagnante si elle a été dénouée après le 18 janvier 2008.

Méthodes pour déterminer qui a gagné là où la Société Générale a perdu 6,4 milliards d'euros

Il y a plusieurs méthodes permettant de chercher à savoir à qui a profité ces 6,4 milliards d'euros.

1) Méthode d'interrogation d'Eurex

La chambre de compensation où sont échangés les futures DAX et DJ Eurostoxx 50 sait à l'euro près quelles contreparties en ont bénéficié. Mais Eurex ne souhaite pas communiquer sur des données qui concernent ses clients.

Comme pour les autres sociétés concernées (Société Générale, Ernst & Young, Deloitte), sans doute que le sujet a été minutieusement verrouillé en interne.

Si néanmoins un initié souhaitait m'en dire davantage, qu'il n'hésite pas à me contacter.

En revanche, pourquoi la justice française ne pose-t-elle pas la question par voie officielle à Eurex ?

En effet, à supposer qu'il y ait eu une action de concert entre les personnes qui ont manipulé les positions de la Société Générale et des tiers qui auraient bénéficié d'une partie de la perte de 6,4 milliards d'euros, il me semble pertinent de savoir précisément qui a gagné quoi et comment.

Les nombreuses fuites dans cette affaire n'ont pour l'instant pas concerné ce sujet.

La justice aurait-elle omis d'approfondir cette question ?

Il conviendrait d'ailleurs non seulement de savoir avec quelles contreparties les positions de JK ont été prises entre le 2 et le 18 janvier 2008, mais également pour l'ensemble des positions de la Société Générale. Ensuite, il conviendrait de savoir avec qui les contrats ont été débouclés entre le 21 et le 23 janvier 2008, de même que les autres positions de la Société Générale postérieurement. Bref, y a du boulot, mais le sujet me semble indispensable à traiter.

2) Méthode de revue des résultats trimestriels des principaux établissements financiers

Il aurait été tout de même intéressant de connaître quels acteurs sont présents sur FDAX et FESX à Eurex. Mais même cette information est difficile à obtenir.

Néanmoins, à supposer qu'un établissement financier ait profité de manière significative d'une partie de la cagnotte de 6,4 milliards d'euros, cela pourrait se voir dans ses résultats à fin mars 2008.

Cependant, la revue des résultats trimestriels des principales banques européennes et américaines ne donne rien de probant.

3) Méthode de revue des données des fonds d'investissement

On parvient à retrouver la trace de futures DAX et de futures DJ Eurostoxx 50 dans certains fonds, notamment du côté du Luxembourg et de la Suisse.

Exemple 1 :

SAL Oppenheim GREIFF Blue Chip OP (Luxembourg)

situation au 31 janvier 2008

FDAX prix d'achat 7 868,07 short (vers le 9 janvier donc ? ; gain potentiel de 166 K

€ ?)

FESX prix d'achat 4291,6 short (vers le 9 janvier donc ? ; gain potentiel de 24 K

€ ?)

Exemple 2 :

Zürcher KantonalBank suisse

situation au 31 mars 2008

achat vente de 20 FDAX 08 et de 2 635 FESX Mar 08

pour FESX à 4 000 euros cela représente un nominal de 2 635 fois 4 000 = 10,54 ME ?

semblent perdants ?

Je vais tenter d'en trouver d'autres.

Combien y-a-t-il de fonds d'investissement en Suisse et au Luxembourg ?

D'après le rapport annuel 2007-2008 de l'Association Luxembourgeoise des Fonds d'Investissement (ALFI), le nombre de fonds d'investissement s'élevait en janvier 2008 à 2 932 unités, pour 1 951 milliards d'euros d'actifs sous gestion.

D'après les statistiques mensuelles de janvier 2008 de Swiss Fund Data, le nombre de fonds d'investissement en Suisse s'élève à 2 974 pour un total géré de 583 milliards de francs suisse.

Dans le rapport annuel 2007-2008 d'ALFI, le classement au 31 décembre 2007 des 10 pays les plus importants en terme de fonds d'investissement en Europe montre que derrière le Luxembourg, la France, l'Allemagne, l'Irlande et le Royaume-Uni sont significatifs.

Si on totalise les actifs sous gestion en milliards d'euros au Luxembourg (2 059), en France (1 508), en Allemagne (1 041), au Royaume-Uni (799) et en Suisse (160), pays susceptibles d'investir sur Eurex, on obtient 5 567 milliards d'euros, dont 6,4 milliards représentent 0,1 % environ.

L'hypothèse d'une dilution dans les différents fonds d'investissement européens est par conséquent plausible.

Une limitation à cette hypothèse. Le nombre d'acteur sur Eurex est bien plus limité, certains acteurs ont pu tirer leur épingle du jeu de manière significative.

Posté par Olivier Fluke à 18:18 - Qui a profité des 6,4 milliards d'euros de perte ? - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 juillet 2008

Chronologie de la fraude à la Société Générale

Chronology of fraud at the Société Générale (for english, please use translator tool)

Avant l'annonce de la fraude

Mars à juillet 2007 : Constitution d'une position vendeuse de futures sur le DAX d'environ 30 milliards d'euros.

Juillet août 2007 : Débouclage des positions générant un bénéfice réel de 0,5 milliards d'euros.

Septembre novembre 2007 : Constitution d'une position vendeuse de futures sur le DAX d'environ 30 milliards d'euros.

Novembre 2007 : Débouclage des positions générant un bénéfice réel de 1 milliard d'euros. Ainsi, à fin 2007, les opérations dissimulées par Jérôme Kerviel auraient généré un bénéfice de 1,5 milliards d'euros.

2 au 18 janvier 2008 :  Constitution d'une position acheteuse sur des futures DAX DJ EUROSTOXX50 et FTSE d'environ 49 milliards d'euros (source Société Générale), 52 milliards d'euros (selon le livre Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête).

19 janvier 2008 : Découverte de la fraude, mise à jour du caractère fictif d'un justificatif utilisé pour masquer une opération fictive avec la Deutsche Bank permettant de dissimuler le bénéfice réalisé fin 2007.

21 au 23 janvier 2008 : Débouclage par la Société Générale sur les marchés de futures des positions non-autorisées prises en janvier 2008 par Jérôme Kerviel, générant une perte de 6,4 milliards d'euros, qui ajoutée au bénéfice de 2007 de 1,5 milliards d'euros, aboutit à une perte globale de 4,9 milliards d'euros.

24 janvier 2008 : Annonce par la Société Générale de la perte globale de 4,9 milliards d'euros.

Après l'annonce de la fraude

25 janvier 2008 : La Société Générale porte plainte pour "faux et usage de faux en écriture bancaire".

26 janvier 2008 : Jérôme Kerviel est placé en garde à vue.

28 janvier 2008 : Mise en examen de Jérôme Kerviel pour "abus de confiance", "faux et usage de faux" et "introduction frauduleuse de données dans un système informatique" par les juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset.

8 février 2008 : Jérôme Kerviel est placé en détention.

8 février 2008 : Rapport au Premier Ministre du Ministre de l'Economie et des Finances.

20 février 2008 : Publication du rapport intermédiaire du Comité Spécial du Conseil d'administration de la Société Générale.

18 mars 2008 : Jérôme Kerviel est remis en liberté.

23 mai 2008 : Publication du rapport final du Comité Spécial du Conseil d'administration de la Société Générale, du rapport de PriceWaterhouseCoopers sur les actions correctrices.

27 mai 2008 : Assemblée Générale de la Société Générale.

2 juillet 2008 : Le parquet requiert le mise en examen de l'assistant de Jérôme Kerviel,Thomas M., pour "complicité, par aide ou assistance, d'introduction frauduleuse de données dans un système informatique".

4 juillet 2008 : La Commission Bancaire inflige une amende de 4 millions d'euros à la Société Générale pour carences graves du système de contrôle interne.

5 juillet 2008 : Annonce par la presse que les magistrats auraient abandonné le chef de "faux et usage de faux".

Début 2009 : Ouverture probable du procès.

1 août 2008 : Inculpation le 1er août de Thomas Mougard pour "complicité d'introduction frauduleuse de données dans un système informatique".

3 septembre 2008 : Confrontation entre Jérôme Kerviel et son assistant Thomas Mougard dans le bureau des juges François Desset et Renaud Van Ruymbeke.

18 septembre 2008 : Audition par les juges d'instruction des commissaires aux comptes de la Société Générale, Ernst & Young et Deloitte & Touche comme témoins.

13 octobre 2008 : Confrontation prévue entre les commissaires aux comptes de la Société Générale et Jérôme Kerviel.

16 octobre 2008 : Audition prévue par les juges d'instruction de Maxime Kahn, responsable du desk "Arbitrage", qui a débouclé les positions de Jérôme Kerviel entre le 21 et le 23 janvier 2008.

Posté par Olivier Fluke à 13:28 - Chronologie des événements - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 juillet 2008

La Commission Bancaire juge la Société Générale coupable et inflige une sanction de 4 millions d’euros

The Banking Commission finds Société Générale guilty and imposes a penalty of 4 million euros

(for english, please use translator tool)

Lien http://www.banque-france.fr/fr/supervi/supervi.htm

Dans un rapport daté du 3 juillet 2008 et publié le 4 juillet, la Commission Bancaire prononce un blâme à l’encontre de la Société Générale ainsi qu’une sanction pécuniaire d’un montant de 4 millions d’euros.

Les infractions commises sont jugées « graves », mais le fait d’avoir effectué des efforts importants et rapides pour y remédier a constitué une circonstance atténuante dans le jugement de la Commission Bancaire.

La publication le 3 ou même le vendredi 4 au matin aurait permis plus de réaction, alors que se profile le week-end et les départs en vacances. Néanmoins, l’arrivée sur le sol français d’Ingrid Bétancourt aurait peut-être éclipsé cette information.

La responsabilité de la SOCIETE GENERALE est établie, peu importe que les dirigeants aient été au courant ou non :

« le fait que ces lacunes n’étaient pas connues de la direction, qui ne pouvait ainsi y remédier, ne peut être invoqué par la SOCIETE GENERALE pour s’exonérer de sa responsabilité au regard de la réglementation bancaire ; qu’ainsi la SOCIETE GENERALE a enfreint plusieurs dispositions essentielles de la réglementation applicable en matière de contrôle interne ».

Nul doute que cette décision peut peser dans le cours de la justice. Peut-on condamner Jérôme Kerviel sans condamner la SOCIETE GENERALE ?

La Commission Bancaire a tranché.

Concernant le détail des infractions :

La décision relève :

- les graves défaillances du contrôle hiérarchique de premier niveau (balance de trésorerie des portefeuilles de JK, les échanges avec EUREX, écarts de travaux de réconciliation des résultats comptables et de gestion de fin mars 2007, absence d’analyse des gains de JK, procédure non appliquée des prises de congés) ;

- les lacunes des contrôles permanents sur le suivi de marché : insuffisance de sensibilisation aux problématiques de fraude, non-approfondissement des écarts, absence de vision transversale ;

- l’insuffisance des moyens affectés au contrôle permanent ;

- l’inadaptation du dispositif de limites de l’activité du desk « Delta One ».

Cela fait beaucoup, mais en même temps rien de bien nouveau par rapport à l’exercice de transparence accompli dans les rapports du Comité Spécial de février et mai 2008.

Excepté peut-être sur la sécurité informatique. Où il est reproché à la SOCIETE GENERALE de ne pas avoir pris de mesure correctrice des failles mises en évidence par l’Inspection interne.

Une phrase de la décision est intéressante. Elle concerne les aspects comptables, et c’est rare que ce sujet soit abordé :

« Considérant que l’article 7-1 du règlement n°97-02 susvisé impose une stricte indépendance entre les unités chargées de l’engagement des opérations et les unités chargées de leur validation, notamment comptable, de leur règlement ainsi que du suivi des diligences liées à la surveillance des risques …», la décision de la Commission Bancaire poursuit en indiquant que les assistants traders n’étaient pas suffisamment indépendants vis-à-vis des opérateurs et que ces derniers bénéficiaient de trop de liberté dans le système informatique.

Traduction, l’indépendance entre les données de gestion et les données comptabilisées n’était pas assurée.

La problématique avait été abordée dans le livre « Fraude à la Société Générale ? Compléments d’enquête. », et notamment en évoquant la responsabilité des commissaires aux comptes (Ernst & Young et Deloitte) sur ce sujet ?

Les commissaires aux comptes ne sont-ils pas censés émettre une opinion sur la correcte séparation des fonctions, principe fondamental d’un bon contrôle interne ?

Ce qui est lié au fait que les comptes de la Société Générale aient réussi à être faux de 2 milliards d’euros au 30 juin 2007 grâce à de faux mails pour justifier de forwards fictifs. Un peu trop facile.

La responsabilité des services financiers, comptables et de gestion a été également largement trop occultée dans cette affaire.

Posté par Olivier Fluke à 21:10 - Commission Bancaire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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