Ce que vous auriez appris et compris AVANT les autres en lisant Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête par Olivier Fluke, ... et ce n'est pas fini ...

1) Sur les appels de marge

La première édition (début mai 2008), en page 69 :

"Le principe consiste à compenser quotidiennement par la « variation margin » les gains ou les pertes qui proviennent des fluctuations de prix des positions ouvertes.

Celui qui possède une position longue achetée à un prix inférieur au « daily settlement price » est crédité de la différence, alors que le propriétaire de la position courte conséquente doit régler la différence.

...

Dans ces conditions, on comprend qu'au 30 juin 2007 les positions courtes de Jérôme Kerviel étant perdantes de 2 milliards d'euros, l'application de cette procédure aurait dû générer un appel de marge d'autant."

Confirmation dans le deuxième rapport de la mission Green publié fin mai 2008 en page 54, un graphe montre que les appels de marge cumulés versés par la SG à FIMAT Francfort sont négatifs de 2 milliards d'euros environ fin juin 2007.

2) Sur le fait que les comptes intermédiaires 2007 étaient faux

En première édition (page 103 et 104) :

"Et pourtant les comptes au 30 juin 2007 étaient faux de près de deux milliards d'euros !

...

La dissimulation de la perte de près de 2 milliards d’euros au 30 juin 2007 ayant réussi, les comptes au 30 juin 2007 sont surévalués d’autant."

Les médias comprennent cela au moment de la présentation par la Société Générale de ses comptes semestriels 2008 :

Exemple article dans Libération le 7 août 2008

"Même les comptables sont affectés par les conséquences de l'affaire Kerviel.

Comme l'ex-trader avait commencé à spéculer massivement au printemps 2007, il a fallu refaire tous les comptes de l'année dernière. En annexe, la Socgen a publié hier les «vrais» résultats trimestriels du deuxième trimestre 2007. Ce n'était pas 1,7 milliard d'euros de gains, déclarés à l'époque, mais 391 millions.

Au 30 juin, Kerviel perdait 2 milliards d'euros."

3) Sur le fait que les données chiffrées du débouclage par la Société Générale des positions de Jérôme Kerviel soient incohérentes

En première et deuxième édition (page 89) :

"Il y a forcément un des paramètres qui cloche. Lequel ?

Dans la note explicative du 27 janvier 2008, la Société Générale indique que le détail des positions et des opérations de débouclage a été transmis aux commissaires aux comptes. La probabilité que les chiffres publiés ne correspondent pas à la réalité est donc faible.

Et pourtant. Notre calcul met bien en évidence une incohérence entre les différents paramètres."

En page 94, "

Est-ce que des transactions hors marché ont été effectuées avec une contrepartie connue, à des cours inférieurs à ceux du marché ? Ou bien est-ce que les pourcentages d’échanges publiés ne tiennent pas compte de transactions qui auraient été effectuées hors marché ?"

En page 95, "

Le service presse de la SG CIB m’a affirmé qu’il n’y avait pas eu de débouclage hors-marché."

En conclusion du livre, "

L’étude des paramètres de débouclage les 21 22 et 23 janvier 2008 par la banque des positions prises en 2008 par Jérôme Kerviel montre une incohérence entre les données chiffrées présentées par la Société Générale : pourcentages des volumes échangés inférieurs à 8 %, nominal de 49 milliards d'euros, perte générée de 6,4 milliards d'euros. La Société Générale aurait-elle débouclé du 21 au 23 janvier 2008 une partie des positions du trader en passant par des transactions hors marché, moins visibles, mais avec une décote ? Quel investisseur institutionnel en aurait sciemment bénéficié ? Le service presse de la Société Générale affirme que non. Il est plus probable que le nominal annoncé de 49 milliards d’euros soit le nominal net au 18 janvier 2008, le nominal brut s’élèverait selon mes estimations à 51,8 milliards d’euros."

Or qu'apprend-on de la part des nouveaux avocats de Jérôme Kerviel, dans une interview de Caroline Wassermann dans L'Expansion le 17 octobre 2008 :

"Par ailleurs, la défense ne comprend pas la raison pour laquelle la banque a annoncé que ce débouclage avait duré 3 jours alors qu'il a duré 5 jours. Première inexactitude."

Les paramètres de débouclage annoncés par la Société Générale et validés par les commissaires aux comptes ne correspondaient pas à la réalité. Mon livre était le seul à s'être penché sur la question et à montrer l'incohérence des données publiées sur la plus importante fraude de l'histoire du trading.

De plus, dans l'affaire de la perte de 750 millions d'euros aux Caisses d'Epargne, qu'apprend-on dans le Nouvel Observateur du 22 octobre 2008 ?

"Mais pour sortir de cette opération de trading, les Caisses d'épargne doivent trouver, sur le marché, des contreparties acceptant de reprendre ses positions malencontreuses. Opération qui se fait de gré à gré. "Dans un marché totalement mort, deux banques, toutes deux très fortes dans les produits dérivés, sont en mesure de reprendre ses positions : BNP Paribas, et la Société Générale", explique une source bancaire. "

L'hypothèse d'une partie du débouclage hors-marché était formulée de manière inédite dans mon livre. Cette hypothèse sera-t-elle confirmée ?

La vérité sur les chiffres réels du débouclage n'est pas encore connue. Mes travaux ont eu pour but de s'en rapprocher.

4) Sur le fait d'avoir été le seul à creuser les thèmes de la comptabilité, des commissaires aux comptes, du débouclage

Les nouveaux avocats de Jérôme Kerviel se sont également penchés sur le sujet à partir d'août 2008. Ils sont d'ailleurs parvenus à ce que les commissaires aux comptes Deloitte et Ernst & Young soient confrontés à la défense au cours de plusieurs auditions au mois d'octobre 2008.

5) Pour faire court ...

En couverture de mon livre :" De nombreuses zones d'ombre demeurent. Les faits, les incohérences."

Dans une interview au site internet de l'hebdomadaire Challenges, vendredi 25 juillet, Me Bernard Benaïem, l'un des avocats de Jérôme Kerviel, affirme "Et aujourd

hui nous avons le sentiment que les choses ont été dites du point de vue de Jérôme Kerviel mais que des zones d

ombre demeurent du côté de la Société Générale", évoquant notamment le débouclage.

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