Controversy over the urgent sale by the Société Générale of Jerome Kerviel's positions (for english please use translator tool).

La Société Générale n'avait-elle pas à ce même moment des positions à risque de taille comparable pouvant avoir le même impact défavorable ?

Retour sur le communiqué du 27 janvier 2008 de la Société Générale :

"Cette position frauduleuse doit impérativement être débouclée dans les plus brefs délais, en raison des risques liés à sa taille. ... Les conditions de marché sont très défavorables".

La Société Générale avait justifié la décision de déboucler en toute hâte les positions non-autorisées découvertes le 19 janvier 2008 par le risque de faillite de la banque, puisque les engagements découverts étaient valorisés à hauteur de 49 MdE le 18 janvier au soir, d'une taille comparable aux fonds propres de la banque. Ces derniers sont estimés à 46 MdE à fin 2007.

Il est communément admis que la décision de déboucler en urgence pour ne pas exposer la Société générale à la faillite était indispensable.

Du 2 au 18 janvier 2008, Jérôme Kerviel avait pris des engagements sur les futures DAX, DJ Eurostoxx 50 et Footsie s'élevant à 52 milliards d'euros. Ces positions, au moment de leur découverte, accusaient une perte latente de 2,7 milliards d'euros.

Aujourd'hui la capitalisation boursière de la Société Générale n'est plus que de 19 milliards d'euros. Soit environ 27 MdE de moins par rapport à fin 2007, malgré une augmentation de capital de 5,5 MdE en février 2008.

Au cours de l'année 2008, la capitalisation boursière de la Société Générale a perdu plusieurs dizaines de milliards d'euros, et pourtant la Société Générale n'a pas fait faillite.

A combien seraient valorisées ces positions le 28 novembre au soir ?

Selon les cours de clôture des FDAX, FESX et FTSE, les positions qui valaient 49,4 MdE le 18 janvier vaudraient alors (hors effet de change sur le FTSE) 30,7 MdE, soit une dégradation de 18,7 MdE environ. Ajoutée à la perte latente au 18 janvier 2008 au soir de 2,7 MdE, cela donne une perte de 21,4 MdE totale.

Or, depuis fin 2007, la capitalisation boursière de la SG a perdu environ 27 MdE. Et la Société Générale n'a pas fait faillite.

Même si d'autres éléments que des pertes influent sur le cours de bourse, cela n'est pas sans lien. La Société Générale avait donc également dans ses comptes des positions ouvertes de taille significative susceptibles de nuire à sa capitalisation boursière.

C'est ce qui s'est passé avec la crise des subprimes et la crise financière de manière générale.

Les positions non-autorisée de JK ont fait perdre au total 4,9 MdE à la Société générale entre 2007 et 2008 ?

Selon la propre présentation par la Société générale des résultats du 3ème trimestre 2008, le total de l'impact négatif sur le PNB des éléments non récurrents (crise financière) de T3 2007 à T3 2008 s'élève à -4,7 MdE (dont -2,1 pour T4 2007, -1,2 pour T2 2008, -1,1 pour T3 2008).

-4,9 ? -4,6 ? En terme d'impact sur le résultat de la SG, c'est très comparable.

Plus déroutant encore, la recherche des engagements de la SG ayant occasionné ces pertes.

4,9 MdE. C'est l'exposition brute au 31 décembre 2007 des CDO non couverts exposés à l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis.

22,9 MdE. C'est le montant notionnel brut des instruments couverts à 100% sur des CDO marché résidentiel US et hors US, sur des CLO de Crédits Corporate, sur des financements d'infrastructures et autres financements structurés. Quand de telles couvertures ont-elles été acquises ? Au 30 juin 2008, ce montant était déclaré à 13,5 MdE. Aucun montant n'apparaît dans le document de référence actualisé pour les comptes du 31 mars 2008.

7,4 MdE. C'est le montant au 31 mars 2008 du portefeuille d'actifs repris par la BFI à SGAM.

3,0 MdE. C'est le montant au 31 mars 2008 du portefeuille d'actifs repris par la Gestion Propre à SGAM.

19,4 MdE. Ce sont les actifs au 31 mars 2008 SPV (Special Purpose Vehicles véhicules ad hoc, ou conduits commerciaux multi-cédants) sponsorisés par SGCIB.

Cet inventaire des engagements de la SG dans des actifs qui ont occasionné des pertes considérées par la SG comme non-récurrentes suite à la crise financière montre que le niveau de tels engagements ou positions est de l'ordre de la 50 aine de milliards d'euros également.

Conclusion

Quand on sait maintenant qu'une stratégie de couverture a été utilisée par la Société Générale lors du débouclage pour que le mercredi 23 janvier 2008 10 000 contrats FDAX valorisés 1,9 MdE le 18 janvier 2008 soient couverts et n'occasionnent pas de perte supplémentaire en cas de baisse.

Quand on comprend aujourd'hui que des dizaines de milliards d'euros d'engagements divers (CDO, subprimes, autres) pris par la SG ont occasionné pour l'instant 4,6 MdE de perte, soit le même impact finalement que les positions de JK.

Quand on observe aujourd'hui que la capitalisation boursière de la SG a perdu environ 30 milliards d'euros depuis janvier 2008, tout en n'ayant pas fait faillite.

Alors il convient de reconsidérer l'idée communément admise selon laquelle le débouclage en toute urgence des positions non-autorisées de Jérôme Kerviel devait être effectué dans l'urgence et la précipitation.

Débouclage qui dans de telles conditions a pu aggraver la perte : pression sur les marchés, absence d'optimisation des stratégies de couverture, ...