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article du Monde http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/02/14/jerome-kerviel-mauvais-joueur_1155424_0.html

http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/banking_and_finance/article5716179.ece

Les lecteurs qui ont réagi à l'article de Gérard Davet paru dans Le Monde du 14 février 2009 intitulé "Jérôme Kerviel mauvais joueur" ont souvent montré leur indignation.

Les reproches adressés sont de plusieurs sortes :

- l'article épargnerait la Société Générale alors que Jérôme Kerviel ne serait pas ménagé ;

- l'insertion d'informations personnelles et privées, telles qu'extraits de textos, ferait davantage ressembler Le Monde à un canard de presse people ;

- le secret de l'instruction serait trop facilement brisé.

Je rejoins la plupart des critiques formulées, même si la publication d'extraits d'auditions a contribué à la rédaction de mon livre. Après tout, c'est notamment par ces extraits qu'on lit officiellement que le trader a reconnu avoir dissimulé ses opérations non-autorisées par des opérations fictives.

La responsabilité de la Société Générale et les défaillances des nombreux services de la banque ne semblent pas intéresser l'auteur de l'article plus que cela :

"En juillet, puis en octobre, ses positions nettes atteignent 30 milliards d'euros, sans que sa hiérarchie soit au courant, si l'on en croit les enquêteurs, qui notent tout de même que 39 alertes ont été relevées par l'inspection générale de la banque, tout au long de l'activité de M. Kerviel."

"Les juges ont estimé, dans une récente ordonnance, que les "services de contrôle" de la banque, quoique clairement défaillants, avaient été "abusés" par le trader."

Voilà tout. C'est clairement insuffisant.

L'affaire Société Générale Kerviel fuit de partout.

Et quand est-il de l'affaire Caisses d'épargne - Boris Picano-Nacci ?

Alors là c'est le silence radio. Pas de bruit. On est passé d'un extrême à l'autre. Risque d'étouffement de l'affaire ? Que se passe t-il ?

Dans le même temps, The Sunday Times publie un article assez complet au plan technique dans son édition du 15 février 2009 intitulé "Jérôme Kerviel : Tricks of the trader". L'auteur de l'article est Philip Delves Broughton.

L'article livre la description complète des événements du mois de janvier 2008, de la détection de la fraude au fonctionnement du débouclage des positions découvertes. Mais également du parcours de JK au sein de la SG.

La responsabilité de la SG est clairement posée dans quelques phrases :

"Kerviel has said all along that he knew what he did was not right. But it was up to the bank to stop him. And they did not. He wasnt doing anything especially complicated or devious. And he took their failure to intervene as permission to continue."

traduction : Kerviel a toujours affirmé qu'il savait que ce qu'il faisait n'était pas correct. Mais c'était à la banque de l'arrêter. Et ils n'ont rien fait. Il ne faisait pas quelque chose de particulièrement compliqué ou tortueux. Et il a pris cela pour une permission pour poursuivre.

Et la fin de l'article :

"But if you set aside the legal arguments, all Kerviel is saying is this: when he did what he did, clever people saw but did not care. Given all we now know about the financial system in which he thrived, is this really so hard to believe?"

Traduction : Mais si vous laissez de côté les arguments légaux, tout ce que Kerviel affirme c'est que lorsqu'il a agi, des personnes brillantes voyaient mais s'en fichaient. Vu tout ce qu'on sait maintenant du système financier dans lequel il évoluait, est-ce si dur à croire ?

Le jour et la nuit donc en terme de qualité de rédaction d'article aussi bien sur la forme que sur le fond.