Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête Livre

Fraude à la Société Générale ? Compléments d'enquête. Des inédits sur les commissaires aux comptes, sur les comptes, sur le contrôle interne, sur les chiffres de la fraude. Livre en vente sur Amazon.

18 février 2009

Analyse des résultats 2008 de la Société générale : 2 milliards d'euros de bénéfice en trompe l'oeil !

Le mercredi 18 janvier 2008 le Directeur Général de la Société générale, Frédéric Oudéa, semble satisfait de la situation de la banque et annonce 2 milliards d'euros de bénéfice en 2008.

Qu'en est-il plus précisément ?

D'après le communiqué de presse du 18 février 2008 de la Société Générale,

"Le Groupe a par ailleurs décidé d'utiliser, à compter du 1er octobre 2008, la faculté ouverte par l'amendement à l'IAS 39 de reclasser des actifs financiers à la juste valeur par le résultat et des actifs disponibles à la vente dans la catégorie Prêts et Créances (23,5 milliards d'euros d'actifs reclassés). L'effet de ce reclassement sur le Produit Net Bancaire du pôle au 31 décembre 2008 a entraîné une neutralisation de réévaluation de juste valeur négative de 1,4 milliards d'euros.

Traduction, à méthode comparable, le pôle concerné, la BFI (Banque de Financement et d'Investissement) aurait dû présenter une perte (avant impôt) de 1,4 milliards d'euros au 4 ème trimestre 2008 plutôt qu'un résultat net part du Groupe positif de 56 millions d'euros. Et les résultats 2008 de la Société Générale auraient dû être de 1,1 (effet impôt) milliards d'euros, et pas de 2 milliards d'euros

Comment cela a pu être possible ?

Avec la crise financière, une problématique urgente est née : limiter l'impact dans les comptes des sociétés des pertes abyssales sur les marchés.

Le 13 octobre 2008, l'IASB publie donc des amendements aux normes comptables IAS 39 et IFRS7.

Le 15 octobre (on peut pas tellement faire plus vite), la Commission européenne adopte le règlement CE 1004/2008 relatif aux amendements des normes IAS 39 "Instruments financiers : comptabilisation et évaluation" et IFRS 7 "Instruments financiers : informations à fournir".

Le principe consiste, pour des actifs dont "l'entité a l'intention et la capacité de détenir l'actif financier dans un avenir prévisible ou jusqu'à son échéance" et qui étaient juste là valorisés selon le principe de la juste valeur, à décider à une date postérieure au 1er juillet 2008, de les reclasser en prêts et créances, en les valorisant à cette date à son nouveau coût.

Exemple : L'entité détient un portefeuille d'actifs qui valait 5 et qu'elle estime pouvoir détenir dans un avenir prévisible ou à échéance. Le 1er octobre 2008, le portefeuille ne vaut plus que 3. Mais le 31 décembre 2008, il ne vaut plus que 1,6. Et bien l'entité peut décider de reclasser le portefeuille à la date du 1er octobre 2008, valorisant dans les comptes à fin 2008 le portefeuille à 3. Mais l'entité est obligée d'indiquer quelle est l'impact sur le résultat d'une telle décision, en l'occurrence le résultat (avant impôt) est gonflé fin 2008 de 1,4 !

Davantage de détails sont fournis dans les états financiers consolidés au 31 décembre 2008 (comptes non audités), document de 132 pages.

En Note 11 "Transferts de portefeuille", on apprend qu'au total 28,6 milliards d'euros en valeur comptable ont été transférés à la date de transfert.

Ce n'est pas 1,4 milliards d'euros d'impact sur le résultat de ces transferts mais 2,0, ce qui après impôt ferait 1,3, à comparer avec 2,0 de résultat net publié.

En effet, les 2 correspondent à :

- 1 454 millions d'euros de perte en juste valeur enregistrée en Produit Net Bancaire entre la date de transfert et l'arrêté si les instruments n'avaient pas été transférés ;

- - 538 millions d'euros de perte en juste valeur enregistrée en gains ou pertes latents ou différés entre la date de transfert et l'arrêté si les instruments n'avaient pas été transférés ; cela concernerait les activités d'assurance, et l'impact aurait été neutralisé par la participation aux bénéfices différée à hauteur de 473 MEUR et de 52 MEUR en PNB.

Ce que la Société générale révèle, c'est que les reclassements ont permis de ne pas comptabiliser 2 milliards d'euros de perte (avant impôt). Le résultat net officiel est de 2 !

Et si la Société générale n'avait pas décidé de reclasser du portefeuille d'assurances, c'est 0,5 milliards d'euros de PB sur un total fin 2008 de 3,0 qui aurait été mangée. Que de bonnes nouvelles !

Dans la présentation de 32 pages des résultats de l'année et du 4ème trimestre 2008 et ses annexes de 43 pages, ce sont au total 28,6 milliards d'euros qui ont été reclassés, parmi lesquelles 23,3 de portefeuille de transaction à destination des Prêts et créances et 4,3 de disponible à la vente à destination des Prêts et créances. Pas de détail sur la nature exacte des portefeuilles.

Dans le rapport de 17 pages Informations financières spécifiques T4 08 basées sur les recommandations du FSF en matière de transparence financière figurent les planches subprimes;

En page 3, CDO non couverts exposés à l'immobilier résidentiel aux Etats-Unis.

Où on apprend qu'un 4ème portefeuille de 1,8 milliards d'euros en exposition brute au 31 décembre 2008 a été créé suite à commutation. Commutation ...

Les pertes enregistrées au compte de résultat au titre des CDO non couverts cumulent 1 368 millions d'euros en 2007 et 2008 contre 1 986 millions d'euros d'après l'état, soit 618 millions d'euros d'écart, qui provient essentiellement du portefeuille # 4, puisque 536 millions d'euros de perte de valeur à partir d'un % de décote des CDO de 30 % (contre 46% pour les portefeuilles # 2 et # 3 !) ne sont pas comptabilisés au 4 ème trimestre 2008. S'agit-il des actifs reclassés en Prêts et Créances ?

Si tel est le cas, toute la communauté financière sera ravie d'apprendre que les subprimes US échappent à la crise comptable par le jeu de règles érigées dans l'urgence !

Sinon le résultat (avant impôt) est-il majoré de 0,5 milliards d'euros ?

Dans les états financiers non audités au 31 décembre 2008, en page 42 :

"Au 31 décembre 2008, l’exposition brute sur les tranches super seniors de CDO classés en Titres de transaction, après transfert en Prêts et créances et liquidation partielle, s’élève à 1,6 MdEUR (contre 4,85 Md EUR au 31/12/2007). Sur cette position, les pertes de valeur enregistrées au cours de l’exercice 2008 s’élèvent à 0,8 Md EUR et viennent affecter négativement l’encours des obligations et autres instruments de dettes en juste valeur par résultat présenté à l’actif du bilan consolidé. L’exposition nette sur ces tranches de CDO ressort ainsi à 0,9 Md EUR à la clôture de l’exercice."

Les chiffres qui ressortent des planches de présentations sont plutôt 5,0 milliards d'euros (portefeuilles # 2 à 4) en exposition brute, et 0,1 MdE de perte de valeur enregistrée en 2008, l'exposition nette ressortant à 3,1 MdE.

Il semble donc bien que c'est au moins en partie en raison du reclassement en Prêts et créances de subprimes que la Société Générale ait pu comptabiliser moins de perte en 2008.

Pourtant, l'impact positif du reclassement apparaît dans la partie Financement et Conseil de BFI (+ 1 608 ME de Mark to Market des CDS) et pas dans la partie Taux Change et Matières Premières (CDO).

Quand aux dérivés de crédit exotiques, le tableau des éléments non récurrents indique un impact positif de +367 millions d'euros au T4 2008 (-370 au T3 2008), alors que la position nette en équivalent 5 ans est passée de -0,5 MdE fin T3 2008 à -2,8 MdE fin T4 2008 et que le montant de la réserve spécifique est passé de 0,7 MdE à 0,8 MdE. Ce n'est pas cohérent.

Posté par Olivier Fluke à 16:09 - Résultats de la SG - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


16 février 2009

Le jour et la nuit. Jour article du Times Online : JK Tricks of the trader Nuit article du Monde. JK Mauvais joueur

For english, please use translator tool.

article du Monde http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/02/14/jerome-kerviel-mauvais-joueur_1155424_0.html

http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/banking_and_finance/article5716179.ece

Les lecteurs qui ont réagi à l'article de Gérard Davet paru dans Le Monde du 14 février 2009 intitulé "Jérôme Kerviel mauvais joueur" ont souvent montré leur indignation.

Les reproches adressés sont de plusieurs sortes :

- l'article épargnerait la Société Générale alors que Jérôme Kerviel ne serait pas ménagé ;

- l'insertion d'informations personnelles et privées, telles qu'extraits de textos, ferait davantage ressembler Le Monde à un canard de presse people ;

- le secret de l'instruction serait trop facilement brisé.

Je rejoins la plupart des critiques formulées, même si la publication d'extraits d'auditions a contribué à la rédaction de mon livre. Après tout, c'est notamment par ces extraits qu'on lit officiellement que le trader a reconnu avoir dissimulé ses opérations non-autorisées par des opérations fictives.

La responsabilité de la Société Générale et les défaillances des nombreux services de la banque ne semblent pas intéresser l'auteur de l'article plus que cela :

"En juillet, puis en octobre, ses positions nettes atteignent 30 milliards d'euros, sans que sa hiérarchie soit au courant, si l'on en croit les enquêteurs, qui notent tout de même que 39 alertes ont été relevées par l'inspection générale de la banque, tout au long de l'activité de M. Kerviel."

"Les juges ont estimé, dans une récente ordonnance, que les "services de contrôle" de la banque, quoique clairement défaillants, avaient été "abusés" par le trader."

Voilà tout. C'est clairement insuffisant.

L'affaire Société Générale Kerviel fuit de partout.

Et quand est-il de l'affaire Caisses d'épargne - Boris Picano-Nacci ?

Alors là c'est le silence radio. Pas de bruit. On est passé d'un extrême à l'autre. Risque d'étouffement de l'affaire ? Que se passe t-il ?

Dans le même temps, The Sunday Times publie un article assez complet au plan technique dans son édition du 15 février 2009 intitulé "Jérôme Kerviel : Tricks of the trader". L'auteur de l'article est Philip Delves Broughton.

L'article livre la description complète des événements du mois de janvier 2008, de la détection de la fraude au fonctionnement du débouclage des positions découvertes. Mais également du parcours de JK au sein de la SG.

La responsabilité de la SG est clairement posée dans quelques phrases :

"Kerviel has said all along that he knew what he did was not right. But it was up to the bank to stop him. And they did not. He wasnt doing anything especially complicated or devious. And he took their failure to intervene as permission to continue."

traduction : Kerviel a toujours affirmé qu'il savait que ce qu'il faisait n'était pas correct. Mais c'était à la banque de l'arrêter. Et ils n'ont rien fait. Il ne faisait pas quelque chose de particulièrement compliqué ou tortueux. Et il a pris cela pour une permission pour poursuivre.

Et la fin de l'article :

"But if you set aside the legal arguments, all Kerviel is saying is this: when he did what he did, clever people saw but did not care. Given all we now know about the financial system in which he thrived, is this really so hard to believe?"

Traduction : Mais si vous laissez de côté les arguments légaux, tout ce que Kerviel affirme c'est que lorsqu'il a agi, des personnes brillantes voyaient mais s'en fichaient. Vu tout ce qu'on sait maintenant du système financier dans lequel il évoluait, est-ce si dur à croire ?

Le jour et la nuit donc en terme de qualité de rédaction d'article aussi bien sur la forme que sur le fond.

09 février 2009

Interview de Jérôme Kerviel sur TF1 le dimanche 8 février 2009 dans l'émission Sept à Huit

Petite parenthèse en préambule. Même si j'ai beaucoup critiqué certaines ONGs dans mon premier livre au sujet de la correcte utilisation des dons du tsunami, j'ai été impressionné par les images du Sri Lanka dans le reportage qui précédait. Et passer en quelques secondes (coupées par la publicité) de gens qui n'ont rien et qui peuvent quand même tout perdre (leur maison plusieurs fois englouties par l'eau) au monde des "milliards en quelques clics" m'a paru quelque peu surréaliste. Fin de la parenthèse.

C'est le journaliste Thierry Demaizière qui réalise l'interview.

Le moins que l'on puisse dire par la faiblesse du niveau technique des questions, c'est que le journaliste ne semble pas faire preuve d'une connaissance et d'une compréhension suffisante de la technicité et du déroulement précis des faits pour être en mesure de challenger correctement Jérôme Kerviel.

Résultat, des questions "grand public" et des réponses "grand public", qui malheureusement entraînent des amalgames et des imprécisions dans les réponses fournies.

Démonstration

1) Sur le montant de la perte de 4,9 milliards d'euros :

"aucune preuve ne m'a été apportée, que ce chiffre correspond à ce qui a été perdu sur mes positions, c'est que les dires de la banque Société Générale qui valident ce chiffre"

D'accord. Les juges d'instruction ont refusé des expertises informatiques complémentaires. Dans mon livre, j'émets des doutes d'une part sur le montant de la perte de 6,4 milliards d'euros issue du débouclage des positions non-autorisées de 2008 (puisque les données chiffrées communiquées du débouclage ne se recoupent entre elles, il semblerait que ce soit le nominal des engagements qui s'élève à 52 milliards d'euros et pas 49, maintes fois répété), d'autre part sur les conditions du débouclage (recours ou non à des opérations hors marché avec des contreparties, sous quelles conditions).

2) Sur le fait d'être "une bonne gagneuse" aux yeux de ses supérieurs :

"cela m'est arrivé de faire des journées à plus de 1 million d'euros, et ça ne choquait personne".

Ces 1 million d'euros n'ont rien à voir avec la réalité des gains réalisés fin 2007. Du 11 septembre au 6 novembre 2007, Jérôme Kerviel, selon le rapport de l'inspection de la SG, a pris des engagements qui ont dépassé les 30 milliards d'euros. Avant la fin de l'année, JK a débouclé ses positions et généré un bénéfice de 0,9 milliards d'euros, qui additionnés aux 0,5 milliards de bénéfices dégagés fin août 2007, font 1,4 milliards d'euros à fin 2007 en cumulé. Rapportez 900 millions d'euros à 40 jours ouvrés de novembre et décembre 2007 pour faire simple, cela fait 22,5 millions d'euros en moyenne. Pauvres 1 million !

3) Sur sa situation de trader et sur le fait d'être intéressé ou non :

"j'ai commencé en 2005 en tant que trader".

Plus loin

"j'étais uniquement trader en 2007, mi 2007 je suis passé trader, donc je n'étais pas intéressé aux résultats que je générais les années précédentes, même en 2007".

Le journaliste aurait quand même pu sursauter et lui faire remarquer que les positions et les risques qu'il prenait en 2007 pouvaient générer un résultat qui pouvait influencer sur les bonus versés en 2008 ! Donc affirmer qu'il n'était pas intéressé aux résultats même en 2007 aboutit à une confusion que le grand public ne peut qu'avaler, sauf à ce qu'il s'intéresse un peu plus précisément techniquement au dossier.

4) Sur le fait de croire que JK ne faisait que gagner en 2007

Le journaliste "Donc jusqu'à 2007 tout marche, vous êtes même un trader exceptionnel .. vous allez commencer à perdre".

La question posée démontre la méconnaissance technique de l'affaire par le journaliste. A fin juin 2007, JK avait pris jusqu'à 28 milliards d'euros de positions ouvertes, qui étaient en perte latente de 2 milliards d'euros environ. Tout ne marchait donc pas en 2007, même si le débouclage de ces positions s'est avéré gagnant de 500 millions d'euros fin août 2007.

Tant qu'on a pas vendu on a pas perdu paraît-il certes, mais quand même !

5) Sur l'autorisation d'investir jusqu'à 250 millions d'euros

"les chefs me voyaient prendre des positions .. 10 milliards d'euros sur une journée .. achètes 250 millions d'euros .. achètes 250 millions d'euros .. et je suis allé jusqu'à 40 milliards d'euros".

Confusion : ce n'est pas 40 mais 49 selon la SG, 52 selon mes travaux.

Autre source de confusion possible. Parler de positions ouvertes ou non : les 10 milliards d'euros dans une journée, s'il existe une position de taille équivalente de sens inverse n'est pas interdit, si c'est une position ouverte cela dépasse la limite de 250 millions d'euros.

6) Sur le fait que chefs savaient en raison des alertes

"dès mars 2007, il y a des mails qui s'échangent entre mes supérieurs hiérarchiques et les organes de contrôle en disant JK a saisi des opérations fictives cela fait perdre 94 millions d'euros . .à aucun moment on m'a dit arrêtes tes conneries.. au contraire on m'a dit ok bien joué .. j'ai un mail où un de mes supérieurs m'a dit ok bien joué"

Cette alerte figurait dans la liste des alertes internes rendue publique dans le rapport de l'Inspection de février 2008. Le sujet a été abordé par la presse et j'ai déjà rédigé mon point de vue sur le sujet :

13 octobre 2008

Nouveaux éléments fournis par la presse sur le thème "La hiérarchie du trader savait-elle dès le mois d'avril 2007 ?"

http://olivierfluke.canalblog.com/archives/commentaires_sur_des_articles_de_presse_ou_des_publications/p10-0.html

7) Sur la dissimulation des opérations non-autorisées

Selon JK, "tout a été vu". "des lettres d'organes extérieurs qui ont alerté la SG .. vous avez un trader qui s'appelle Jérôme Kerviel qui vient d'investir 2 milliards d'euros en l'espace de deux heures mes supérieurs ont été informés de cela et n'on jamais réagi".

Il s'agit des alertes Eurex de novembre 2007 et JK a bien raison de les citer, car en effet selon moi c'est à partir des Alertes Eurex que les supérieurs hiérarchiques directs de JK ne peuvent en toute vraisemblance pas ne pas être au courant de l'ampleur des positions prises par JK.

8) Sur l'amalgame entre le résultat déclaré et le résultat réel de JK fin 2007

"tout le monde la sait .. il a fait un résultat de fou cette année.. ce qu'il a réalisé c'est 60% du résultat de l'activité .. fin 2007 j'ai gagné 1 milliards et demi qui sont dans les comptes de la banque, qui sont vus dans les comptes de la banque qui sont dans mon solde de trésorerie d'ailleurs vous avez un compte bancaire sur lequel vous avez un milliards et demi d'euros c'est aussi simple que ça"

Le résultat réel de JK est de 1,4 milliards d'euros fin 2007, mais il n'en déclare qu'une partie (55 ou 43 millions d'euros selon les sources), qui représentent tout de même 60 % du résultat de la salle.

Tout le monde parle donc de son résultat déclaré, pas de son résultat réel !

9) Sur la dissimulation des opérations non-autorisées à nouveau

"je n'ai pas falsifié les comptes " .. "il y a des opérations fictives pour cacher les chiffres" .. "ces pratiques existaient".

JK avait avoué avoir enregistré des opérations fictives qui ont permis de masquer le résultat réel de ses opérations. En conséquence, les comptes de la SG étaient surévalués de 2 milliards d'euros fin juin 2007 (j'étais le premier à l'écrire dans mon livre) et sous-évalués de 1,4 milliards d'euros fin 2007.

Faîtes donc votre opinion sur l'expression "je n'ai pas falsifié les comptes".

Mais ce qu'il convient de marteler, c'est que ni la Direction Financière (dont Frédéric Oudéa était responsable) ni les commissaires aux comptes n'ont rien vus. Processus non-fiable d'établissement des états financier et de certification des comptes, défaillance du contrôle interne, les enjeux de ce constat d'échec ne sont pas minces.

Que la pratique de dissimulation des résultats des traders pour en faire passer sur la période suivante ou l'inverse existe, cela semble être une pratique de place en effet. Là, c'était à très grande échelle.

10) Sur la démonstration de la complicité de la SG

JK répond "toutes les preuves sont à la SG .. s'ils ne vont pas chercher les éléments je ne pourrai pas me défendre".

JK a raison d'insister sur ce point.

11) Sur le mobile

"sûrement pas pour m'enrichir .. je n'étais pas intéressé aux résultats".

Ce n'est pas le cas, puisque le résultat dégagé fin 2007, même bien inférieur au réel, devait permettre à JK de demander 600 000 euros au titre de 2007.

Sur le suicide, sur la fuite annoncée, sur la prison, sur la vie d'avant, ce ne sont pas des points techniques en rapport avec l'affaire, donc pas de commentaires.

Sur sa détermination à poursuivre sa défense, Jérôme Kerviel a raison de se battre jusqu'au bout pour que la responsabilité de la Société Générale soit vraiment posée sur la table !

Bon courage Monsieur K !

Posté par Olivier Fluke à 18:09 - Interview TF1 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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