28 avril 2009
Confusions et incohérences sur les données chiffrées concernant le portefeuille SGAM repris par la Société Générale
Confusions et incohérences sur les données chiffrées concernant le portefeuille SGAM repris par la Société Générale.
Contre-étude sur le portefeuille SGAM de 11,2 milliards d'euros transféré : incohérences sur les montants transférés à la Gestion Propre, sur le taux de dépréciation annoncé de 29 % sur l'encours restant et par conséquent sur la décote de 1,2 milliards d'euros affichée en 2008.
Dans un article de l'AFP publié le 27 avril 2009,"La Société Générale dément toute forte perte, affirme avoir réduit ses risques", Jean-Pierre Mustier, le patron de SGAM (Société Générale Asset Management), apporte des précisions chiffrées sur les dépréciations et les cessions du portefeuille repris par la Société Générale, à l'origine de la polémique lancée par Libération.
Première confusion, la part des actifs transférés entre SG CIB et Gestion Propre.
Jean-Pierre Mustier annonce, sur un total de 11,2 MdE, 10,4 MdE pour SG CIB et 0,8 MdE pour la Gestion Propre.
Il n'aura pas échappé à ceux qui lisent attentivement les annexes détaillées des comptes de la Société Générale pour T1 T2 et T3 2008 qu'une partie significative (2,2 MdE fin mars 2008) des 10,4 MdE est annoncée reprise par la Gestion Propre, ce qui fait un total pour la Gestion Propre de 3 milliards d'euros sur les 11,2 et non pas de 0,8.
Alors qui s'occupe de ces 2,2 MdE, BFI ou Gestion Propre ? Il faudrait savoir tout de même !
Cela commence donc mal.
Synthétisons les données chiffrées du portefeuille de SGAM repris par la Société Générale dans le tableau suivant :
en milliards d'euros |
31.03.08 |
30.06.08 |
30.09.08 |
31.12.08 |
2008 |
Cessions selon SG |
nc |
2,2 |
1,4 |
1,2 |
4,8 |
Dépréciations selon SG partie BFI |
0,2 |
0,1 |
0,4 |
0,6 |
1,2 |
Dépréciations selon Fluke partie Gestion Propre |
0,1 |
0,1 |
0,2 | ||
Nominal à date calculé Fluke |
11,2 |
9,0 |
7,6 |
6,4 |
|
Valorisation à date selon SG |
11,0 |
8,9 |
7,1 |
5,3 |
|
% de dépréciation estimé Fluke |
17 % |
||||
% de dépréciation selon SG |
29 % |
N.B sommes arithmétiques à +/- 0,1 MdE en fonction des chiffres de l'article
Si, comme l'affirme la Société Générale, 4,8 milliards d'euros d'actifs ont été vendus en 2008, alors le nominal non vendu fin 2008 s'élève à 6,4 milliards d'euros.
La valorisation à fin 2008 des actifs restant est annoncée à 5,3 milliards d'euros (différent de l'estimation de Nicolas Cori de 4,7 que j'ai confirmée pourtant). La différence de 600 pourrait provenir des 800 millions d'euros de nominal annoncés transférés vers la Gestion Propre, et pour lesquels les annexes détaillées des comptes ne fournissent pas de précision.
Le détail des éléments non récurrents sur le résultat avant impôt fait apparaître pour la Gestion Propre une dépréciation du portefeuille de participation de 142 millions d'euros au T3 2008 et de 85 millions d'euros au T4 2008, qui pourraient concerner les 800 millions d'euros.
Les cessions annoncées de la SG concernent-elles spécifiquement SG CIB ou bien la Gestion Propre également ?
Hasard ou non, 800 dépréciés de 200 cela fait 600, et il convient bien de rajouter la valorisation fin 2008 des 800 de nominal transférés à la Gestion Propre. 5,3 moins 0,6 on retombe bien sur 4,7 !
Deuxième confusion possible donc, quid de la communication par Mustier des dépréciations (les cessions ?) sur le portefeuille de 800 millions d'euros transféré à la Gestion Propre.
L'écart entre la valorisation (5,3 MdE) et le nominal (6,4 MdE) à fin 2008, de 1,1 MdE, correspond à peu près au montant de la décote de 1,2 MdE affichée par la SG dans ses annexes fin 2008.
Normal si on croit la Société Générale "La somme des ventes se monte donc à 4,8 milliards d'euros, et la somme des dépréciations à 1,2 milliard." 11,2 moins 4,8 moins 1,2 = 5,2.
Mais cette décote de 1,2 MdE devrait se décomposer ainsi :
- dépréciation des actifs restant ;
- dépréciation et moins-value sur les actifs cédés.
Abordons donc le troisième sujet de confusion (ou d'incohérence).
Monsieur Mustier affirme que les actifs restant sont composés d'obligations européennes dépréciées en moyenne de 29 %.
Or, si on déprécie un nominal de 6,4 MdE de 29%, cela donne 1,86 MdE, alors que la décote comptabilisée n'est que de 1,2 MdE.
A moins qu'il convienne de déprécier la partie SG CIB, de 5,6 MdE ? 5,6 x 29% = 1,6 MdE.
Non seulement on se demande si la dépréciation est bien de 29 % sur les actifs restant comme annoncé.
Mais en plus on se demande si la décote 2008 de 1,2 MdE comprend ou non les moins-values de cessions 2008 du portefeuille SGAM transféré début 2008, auquel cas la communication de la SG est défaillante.
Et auquel cas surtout les pertes 2008 sur le portefeuille SGAM repris sont bien supérieures à 1,2 milliards d'euros annoncées !
La question se pose alors sur la communication en 2008 des pertes de cession (et pas seulement la dépréciation) des autres actifs toxiques de la Société générale : CDO, MBS, monolines, ABS, CLO, autres.
L'annexe Effets des éléments non récurrents sur le résultat avant impôt est-elle bien exhaustive ?
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