Un article de 3 pages « Frédéric Oudéa, redresseur de sort » est consacré au superbe parcours de Frédéric Oudéa, le nouveau PDG de la Société Générale, dans le numéro de juillet août 2009 de L'Expansion.

Rappelons que le scandale SG Kerviel a servi de tremplin à Frédéric Oudéa, là où dans un monde juste c'est plutôt un toboggan vers la sortie qu'il aurait pris manu militari.

Etats financiers faux en 2007, services incapables de comprendre les alertes qui fournissaient des écarts à la comptabilité, et j'en passe.

Il me semble que les gratifications sont pyramidales, les responsabilités également. Mais pour certains, le fait d'assumer ses responsabilités semble être une pyramide inversée.

Frédéric Oudéa, une fois aux manettes, était sur le point de se voir attribuer en mars 2009 150 000 stock-options à un cours de référence proche de 20 euros, ce qui, aux cours actuels et sous respect des conditions du plan lui auraient permis, aux cours de l'action SG d'aujourd'hui (proche de 50 euros), d'espérer des millions d'euros de rémunération supplémentaire.

Sous la pression de la vindicte populaire, il a dû renoncer.

Mais tout est bon pour se pavaner et se mettre en avant.

Je n'en ai pas cru mes yeux en lisant et ai failli m'étouffer.

« ...avant d'être nommé directeur général des opérations du département actions, en 1999. Il participe notamment à la mise en place du système informatique pour le back-office. »

On l'a vu ce système a fait ses preuves avec le scandale SG JK !

« « Un système qui fonctionne encore », souligne-t-il, non sans une pointe de fierté. »

Quel toupet ! Il doit se sentir vraiment intouchable (l'article de L'Expansion indique que FO est passé entre les gouttes après l'affaire des stock-options en partie grâce à ses bonnes relations avec Nicolas Sarkozy) pour sortir une ânerie pareille, faisant comme s'il ne s'était rien passé à la Société générale en janvier 2008 qui n'ait eu un lien avec la qualité du système d'information, notamment en place au back-office.

Démonstration.

Extrait du rapport SG définitif de mai 2008 de la mission Green :

page 24 techniques utilisées par JK pour masquer le caractère fictif ou indu des écritures

« pour cela il utilisait des caractéristiques qui lui laissaient le temps de les annuler et de les remplacer par de nouvelles transactions :

  • les transactions face à des contreparties dites « techniques » ... ces transactions figurent en effet dans le système front office d'où proviennent les données de risques ... mais elles ne sont versées ni dans les applications back office ni à fortiori en comptabilité ... »

Où l'on comprend que les liens entre back office (système vanté par Frédéric Oudéa) et front office ont permis à un trader isolé de masquer pendant des mois et des mois des positions non-autorisées.

Ce qu'il y a de nouveau dans l'article de L'Expansion, c'est que Frédéric Oudéa puisse se permettre de se vanter d'avoir mis en place un système informatique qui a tant fait ses preuves après le scandale de la fraude à la Société générale.

Et pour en rajouter !

Extrait de la synthèse du diagnostic de PWC et analyse du plan d'action du 23 mai 2008 :

« la mise en place ou le renforcement des contrôles au niveau des middle et back offices a pour objectif de confirmer la réalité des transactions et de s'assurer du bien-fondé de leur annulation ou modification après la saisie. Ces actions trouvent leur origine dans les techniques de dissimulation utilisées par le trader ».

Fier de son système informatique encore en place !

Ces banquiers sont décidément impayables !