Se référer à l'ensemble de mes articles Petit Journal Technique du Procès de juin 2010 et Petit Journal Technique du Procès en Appel de juin 2012 pour davantage de détails sur les développements techniques utiles à la synthèse produite ci-après.

Pardonnez les coquilles d'orthographe que je corrige au fur et à mesure de leur découverte ... ou non.

Article écrit avant les plaidoiries de la défense le 27 juin 2012

Excepté quelques pièces nouvelles, les débats auront été en ligne avec ceux de juin 2010.

La défense a adopté une ligne dure, en ressortant la théorie du complot par les subprimes, mais sans convaincre.

Elle aurait mieux fait se contenter de bien appuyer là où elle était en position de force, "la banque aurait dû savoir".

Tout en développant le doute sur la connaissance ou non de la situation par le n+1 fin 2007, en raison des alertes Eurex et de la trésorerie. Car, comme l'a souligné la Présidente, la Cour décidera qui a menti ou pas.

Apport du Jour 12 et de la plaidoirie de la défense

La défense plaide la relaxe totale. L'objectif ultime est d'éviter la prison ferme. Discrètement, la défense a assoupli la mise en avant de la théorie du complot par les subprimes sans la renier en expliquant qu'il fallait bien trouver des axes de réflexion pour expliquer les zones d'ombre de cette affaire.

La défense considère à juste titre qu'il reste des zones d'ombre que je qualifierais de techniques dans cette affaire. Le retournement du renversement de preuve selon Julien Dami Le Coz est intéressant. Ce que j'avais relevé lors du premier procès, le doute dans l'analyse des faits bénéficiait à Thomas Mougard et à Eric Cordelle, donc à la Société Générale, et pas à Jérôme Kerviel.

En toute fin de procès, profil bas de Jérôme Kerviel qui demande pardon aux salariés de la banque.

Ce procès aura été marqué par les tensions entre la presse (sauf Challenges et Libération) et David Koubbi. Vous savez ce que j'en pense.

Plan de l'article

I. Rappel de ma synthèse à l'issue du premier procès de juin 2010
II. Les objectifs de la défense et les débats du procès en appel de juin 2012
III. Opinion à l'issue du procès en appel de juin 2012

Annexe 1 Liste des 21 témoins entendus
Annexe 2 Liste non-exhaustive de personnes que j'aurais bien voulu entendre comme témoin
Annexe 3 Aspects inédits de mon blog et de mon livre non abordés au procès en appel comme au premier procès
Annexe 4 Autres zones d'ombre non élucidées ou questions non traitées lors du procès en appel
Annexe 5 Erreurs diverses relevées

Précision : ce petit journal technique avait pour objectif le suivi le plus fin possible du contenu technique des débats en appel, afin de contribuer à la compréhension, l'analyse, et l'étude de la cohérence des faits du dossier Kerviel Société Générale, qui est technique. Comme au premier procès, l'objectif n'a pas consisté à apporter une valeur ajoutée au plan juridique.

I. Rappel de ma synthèse à l'issue du premier procès de juin 2010

Mon analyse effectuée à l'issue du premier procès développait deux points essentiels :

1) la connaissance à la Société Générale de la fraude avant sa découverte le 18 janvier 2008
2) la responsabilité de la Société Générale dans l'existence d'une fraude d'une ampleur inégalée en montant et dans le temps

Le Petit Journal technique du procès Kerviel Société Générale. Analyse finale.
http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2010/06/29/18456539.html

Pour résumer, je critiquais celles et ceux qui rejetaient en bloc la théorie de la Société Générale pour se tourner vers des théories du complot, comme celle des subprimes, le rapport Green était faux ...

Avant le premier procès, j'avais un doute sur la connaissance fin 2007 par Eric Cordelle le n+1 et Martial Rouyère le n+2 des positions du trader, en raison des alertes de la trésorerie et d'Eurex.

A l'issue du procès, je penchais pour ne douter que sur le lien entre Eric Cordelle et les alertes Eurex. Je rappelais que dans l'ordonnance de renvoi le doute existait sur la connaissance par l'assistant de Kerviel, Thomas Mougard, des positions prises. Or c'est la parole d'Eric Cordelle qui affirme n'avoir pas lu les chiffres de milliers de contrats dans une réponse à Eurex qui est en pièce jointe dans un mail dont il est copie. Pourquoi le bénéfice du doute fonctionne-t-il toujours dans le même sens ?

Je mettais en évidence le niveau immense de responsabilité de la Société Générale dans la pérennité de la fraude.

Le seul fait qu'en raison des positions perdantes latentes de Jérôme Kerviel fin juin 2007 plus de deux milliards d'euros de trésorerie sont sorties des caisses de la Société Générale vers Eurex sans que la banque ne le comprenne est ahurissant.

Pour reprendre une comparaison avec les centrales nucléaires, c'est donc comme si un nuage radioactif conséquent s'échappait sans que l'exploitant ne s'en rende compte. L'exploitant, ou tout du moins la centrale en question, pourrait-elle poursuivre son activité ?

Pour l'abus de confiance, les avis divergent, mais plus la Société Générale me semble responsable, moins Jérôme Kerviel me semble devoir être condamné. Si ce n'est pas du droit, c'est de l'équité des faits.

Je prônais donc du sursis.

II. Les objectifs de la défense et les débats du procès en appel de juin 2012

La défense avait soulevé, en dehors de la fiscalité de la perte, deux points dans la presse avant le procès :

- les enregistrements de Jérôme Kerviel du 19 et 20 janvier 2008 ne seraient pas exhaustifs, le trader prétendant notamment avoir interpellé Martial Rouyère (n+2) en lui disant devant Luc François (n+5) "tu savais tout ce que je faisais".

Point mis à mal par la Présidente qui a critiqué le nombre d'heures utilisées par la défense de l'original des enregistrements mis à leur disposition. Luc François a témoigné ne pas se souvenir de tels propos, qui l'auraient choqué, or il n'y a pas de réaction de sa part dans la bande. Certes c'est parole contre paroles.

- le recours par la Société Générale à des opérations fictives lors du débouclage.

L'explication fournie par la Société Générale au cours du procès en appel me semble cohérente, le fait d'avoir formalisé dans un document noir sur blanc dès le 24 janvier 2008 la procédure laisse penser que la Société Générale est de bonne foi sur ce point.

La grande nouveauté de ce procès en appel aura émergé au Jour 2, avec le retour de la théorie du complot par les subprimes.

Jérôme Kerviel a affirmé comprendre pourquoi il a été découvert le 18 janvier 2008. Parce qu'il a servi de fusible pour un dégazage des subprimes sur son compte. Un desk aurait couvert ses positions dès mars 2007 : dans un premier temps, il a été question d'un desk qui prenait des positions inverses à celles de JK, ; dans un deuxième temps, devant l'incrédulité de la Présidente, il a été question d'un desk qui savait juste que JK prenait des positions qui permettaient de couvrir les expositions aux subprimes.

Jour 5, le témoin surprise Philippe Houbé, Fimat n'a pas permis d'apporter les preuves de la théorie du complot par les subprimes.

Le témoin a juste réussi à renforcer le sentiment que la banque aurait du savoir

Sur la perte de débouclage qui aurait été chargée selon le témoin dans Libération de l'ordre du milliard, le chiffre en débat n'est ressorti qu'à 77 millions d'euros, liés selon la banque à des forwards, dont l'explication technique me semble tenir la route.

Le Jour 5 a permis d'apprendre qu'en 1997, Maxime Kahn avait procédé au débouclage de positions de plusieurs centaines de millions de francs prises par un trader qui avait dépassé ses limites et qui les avait cachées par des opérations fictives.

Jour 6, Eric Cordelle (n+1) me semble avoir été un poil plus convaincant qu'en juin 2010, notamment sur les alertes Eurex. Martial Rouyère (n+2) m'a laissé l'impression d'être flou et fuyant.

Jour 8, deux enregistrements sonores inédits ont été diffusés par la défense. Ils proviendraient du poste de Thomas Mougard (qui était en congés) et seraient datés dans la période du débouclage.

Le premier enregistrement parle d'une exposition aux risques de 17 milliards d'euros, la question posée par l'une des personnes laisse penser qu'elle ne comprend pas ce que c'est. Maître Koubbi demande alors pourquoi des non-initiés (en apparence) savent alors que la procédure escadrille était censée conserver l'information des positions en cours de débouclage entre initiés.

Le deuxième enregistrement parle d'un compte SF 504 et du numéro de compte OPT 186 en lien avec des opérations sur Fimat de Dax et d'Eurostoxx (futures). Maître Koubbi interprètait cet enregistrement dans le sens d'un débouclage des positions par d'autres traders que Maxime Kahn.

Pour Claire Dumas, représentante de la Société Générale, les 17 milliards d'euros correspondraient à ce qui a été débouclé le 21 janvier 2008 (cohérent selon mes calculs), les opérations fictives ayant été saisies (le lundi ?) dans la nuit, les calculs d'analyse de risque n'en tiendraient pas compte. La licence OPT186 serait celle d'Eric Cordelle, mais le fait que ce dernier ait une licence de trading capable d'opérer sur les futures Dax et Eurostoxx a surpris la Présidente. Prise de court, Claire Dumas annonce qu'elle va approfondir. Claire Dumas répète que de toute façon cela ne concerne qu'un faible nombre de contrats, qu'ils peuvent correspondre à l'activité clientèle de Jérôme Kerviel que les autres traders du desk auraient traités en l'absence de Jérôme Kerviel.

Malheureusement, absent à partir du jour 9, les comptes-rendus des journées suivantes (qui de manière générale font l'impasse sur les points plus techniques) ne relatent aucun développement supplémentaire sur ces deux enregistrements.

III. Opinion à l'issue du procès en appel de juin 2012

En juin 2010, la défense de Jérôme Kerviel avait déjà été trop gourmande. Elle avait jonglé entre "la banque aurait du savoir", "la banque savait", sans s'atteler à préciser qui, quand quoi et comment.

Avec les pertes latentes de Jérôme Kerviel de plus de deux milliards d'euros fin juin 2007 avant d'inverser la tendance fin juillet 2007, il était illusoire de tenter d'utiliser les alertes datées jusqu'en juillet 2007 (les écarts de méthode) pour tenter de prouver que la Société Générale savait. Comment croire que si un supérieur hiérarchique savait ce dernier l'aurait laissé reprendre des positions directionnelles de même ampleur dès septembre 2007 après avoir frôlé la catastrophe en juillet 2007 ?

La seule cohérence dans la possibilité que des supérieurs hiérarchiques aient eu connaissance des positions extravagantes prises par le trader, c'est le scénario selon lequel en raison des alertes Eurex et du niveau de trésorerie de 1,3 milliard d'euros fin 2007 (le gain de 1,4 était réalisé dès la fin de novembre 2007, mais comment le trader a pu prêter presque 1 milliard pendant un mois, à qui, sans que cela soit compris ?), les n+1 et n+2 aient pu comprendre la situation, fermer les yeux (pour bénéficier d'un bonus induit sur le résultat déclaré conséquent de 55 millions d'euros ?).

Eric Cordelle prétend ne pas avoir lu le chiffre de 6 000 contrats DAX dans la pièce jointe de la réponse à Eurex reçue dans sa boîte mail. Parole contre parole ?

Eric Cordelle recevait tous les jours la situation de trésorerie des traders de son desk, il ne voyait pas que Jérôme Kerviel prêtait presqu'un milliard pendant un mois alors que sa trésorerie était quand même positive de plusieurs centaines de millions d'euros, ce qui était anormal au regard de son activité. Parole contre parole ?

En mettant en avant la théorie du complot par les subprimes pour comprendre pourquoi Jérôme Kerviel a été découvert à partir du 18 janvier 2008, la défense aura dépassé les limites.

La bonne tactique aurait été d'instiller le doute là où l'incohérence est la moins opposable, comme fin 2007 pour les n+1, voire n+2.

La défense a vu trop grand et a donc pour ma part échoué dans les objectifs qu'elle s'était fixées. Dommage car David Koubbi a été combatif, et, en peu de semaines, a montré qu'il était capable de challenger la partie civile Société Générale, même techniquement.

Exemple ? Asséner les milliards de nominaux ou les quantités gigantesques de contrat dans les mails échangés considérés comme des alertes, forçant la représentante de la Société Générale a tenter de brouiller les pistes avec l'histoire du notionnel.

Claire Dumas qui répondait techniquement sur le dossier pour la Société Générale a joué à son niveau du premier procès.

Beaucoup ont relevé que ses explications sur la différence entre notionnel et nominal enfumaient les débats. Personne n'a relevé comme ici que le mot notionnel était absent du rapport Green et du rapport du premier jugement, preuves qu'il s'agissait bien d'un enfumage. Malheureusement ce n'est pas au tribunal que l'argument s'est fait entendre ...

De même, lorsque Claire Dumas déclare Jour 4 que les subprimes sont enregistrés dans les comptes de dérivés, alors que la plupart sont dans des postes de bilan !

Jérôme Kerviel, pas à son avantage lorsqu'il explique Jour 5 que le 18 janvier 2008 il avait oublié qu'il avait pour 3 milliards d'ordres de futures dans son carnet d'ordres. Comment d'ailleurs aurait-il pu enregistrer les futures pending fictifs lui permettant de masquer le risque le 18 janvier au soir ? Ce qui alors aurait dû alerter le service des risques lundi 21 janvier à ce sujet !

Comme en juin 2010, je prône du sursis.

L'avocat général prône une condamnation lourde "pour l'exemple".

Que faire des exemples donnés par la Société Générale de supérieurs hiérarchiques défaillants partant de la banque avec des indemnités conséquentes ou de responsables défaillants promus (Christophe Mianné n+6 Directeur adjoint de la BFI, Frédéric Oudéa Directeur Financier devenu PDG !) ?

Je prône d'une part de quoi ne pas faire retourner Jérôme Kerviel en prison, d'autre part zéro euros à rembourser à la partie civile Société Générale.

Je prône surtout la mise en oeuvre d'une réglementation qui fasse en sorte que ce ne soit pas Jérôme Kerviel seul qui se retrouve à la barre des accusés, mais tous les protagonistes de cette affaire de fraude à la Société Générale, la banque bien entendu, et les acteurs internes et externes responsables à leur niveau de ce qui s'est passé.

Ne rêvons pas.

Annexe 1 Liste des 21 témoins entendus

Jour 5
- Luc François n+5
- Nicolas Bonin NB n+2 de JK en 2005
Jour 6
- Maxime Kahn trader du débouclage
- Philippe Houbé, Fimat, témoin surprise
- Jean-François Lepetit ancien président de la COB
- David Znaty, expert judiciaire en informatique
Jour 7
- Eric Cordelle n+1
- Martial Rouyère n+2
- Richard Paolantanocci, chargé de la surveillance des risques à la Société Générale
Jour 8
- Christophe Mianné n+6
- Marine Auclair, responsable des contrôles passerelle en 2007
- Philippe Baboulin, n+3
- Dominique Ledouble, commissaire aux comptes
- Robert Tellez, cadre à Natixis.
Jour 9
- Angel Galdano, cadre chez Fimat en 2007
- Jacques Werren, consultant financier pour des banques
- Arnaud Llinas, opérateur de marché à la Société Générale
- Isabelle Santenac, commissaire aux comptes Ernst & Young
- Daniel Bouton
- Vanina Germain, amie de JK
- Jean-Raymond Lemaire, qui a rencontré JK par Maître Meyer en 2008

Annexe 2 liste non-exhaustive de personnes que j'aurais bien voulu entendre comme témoin

- Thomas Mougard, l'assistant de Jérôme Kerviel. Finalement pas inquiété par la justice, considéré comme une petite main dans cette affaire, personne ne s'est vraiment soucié de son absence que ce soit au premier procès qu'à celui en appel.
- Jean-Pierre Mustier n+7
- collègues traders de Jérôme Kerviel, les Sébastien Gers, Ouachel Meskine, Taoufik Zizi, etc ...
- le courtier de Fimat Moussa Bakir
- Guillaume Depaw, mandaté pour surveiller la trésorerie du desk Delta One
- Frédéric Oudéa le Directeur Financier au moment des faits, responsable des comptes faux, de la trésorerie non comprise, des services de contrôle empapaoutés ... et promu PDG

Annexe 3 Aspects inédits de mon blog et de mon livre non abordés au procès en appel comme au premier procès

- débouclage : qui a profité des 6,4 milliards d'euros de perte de débouclage de la Société Générale ? cf mon article du 9 juillet 2008 http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2008/07/09/9869969.html ; je le répète, il aurait fallu exiger d'Eurex les contreparties aux opérations de JK !

- trésorerie : Jérôme Kerviel ayant débouclé ses positions avant la fin du mois de novembre 2007, c'est pendant plus d'un mois que sa trésorerie potentielle était de l'ordre de 1,4 milliard d'euros. Or ce n'est que pendant 4 jours fin décembre 2007 que sa trésorerie réelle n'est apparue qu'à + 1,3 milliard d'euros, sa trésorerie affichée étant un peu inférieure au demi milliard le reste de décembre 2007.

Alors à qui et combien Jérôme Kerviel a pu prêter de l'ordre d'un milliard d'euros pendant presqu'un mois sans que cela n'attire l'attention ?

- trésorerie : Les intérêts générés par la trésorerie de JK devant être calculés sur la base de sa trésorerie potentielle et non pas de sa trésorerie affichée (puisque si JK prête il doit recevoir des intérêts), le montant des intérêts générés pouvaient être estimés à 4,7 millions d'euros (à 4 %).

Alors pourquoi dans le rapport de jugement du premier procès il est fait état d'un plus haut entre mai 2007 et janvier 2008 de seulement 2,4 millions d'euros en juin 2007 dans les Comptes de Pilotage Mensuels (CPM) validés par Eric Cordelle ? Comme si les prêts effectués par Jérôme Kerviel ne généraient pas d'intérêts ?

- non-découverte de la fraude par les ratios de solvabilité au 30 juin 2007 cf mon article du 26 mai 2008 http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2008/06/26/9729359.html

- positions inverses en juillet 2007 : l'évolution des appels de marge Société Générale à Fimat Francfort en juillet 2008 ne montre-t-elle pas l'existence de positions directionnels significatives autres que celles de JK, en sens inverse ? cf mon article du 30 mai 2008 http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2008/05/30/9445071.html ; le sujet aurait pu être introduit lorsque la théorie du complot a été mise en avant par la défense, certes les positions manifestement inverses sur Fimat Francfort étaient peut-être couvertes par d'autres instruments (forwards), mais le sujet restera sans explication donnée par la Société Générale ;

Annexe 4 Autres zones d'ombre non élucidées ou questions non traitées lors du procès en appel

Questions non traitées lors du procès en appel

- pas de questions posées par la Cour sur les positions de janvier et février 2007 prises par Jérôme Kerviel

Zones d'ombre non élucidées

- 18 janvier 2008, comment se fait-il que Martial Rouyère n'ait pas été interrogé sur l'énigme posée en page 77 du livre de Jérôme Kerviel L'engrenage ?

"Dès le 18 janvier 2008, mon supérieur Martial Rouyère recevait, suite à sa demande, la réponse ci-dessus du service en charge de la comptabilité. ... Pour s'en tenir à la colonne du résultat annuel (au 31 décembre 2007), on voit parfaitement le résultat positif de 1,5 milliard me concernant (le 2A) , et celui de mes collègues, de 150 à près de 2000 fois inférieur au mien. ... Par quel mystère Martial était-il informé que ces dates-ci précisément étaient les plus pertinentes ? ... Alors, ce fameux vendredi 18 janvier, ayant connaissance de ces données, pourquoi Martial ne n'a-t-il pas interrogé franco et m'a-t-il laissé quitter la tour en me disant qu'il allait se démerder ?"

Pour résumer, Martial Rouyère demande le 18 janvier 2008 à la comptabilité une requête qui montre clairement une perte de 2,2 milliards fin juin 2007 et un gain de 1,6 milliard d'euros sur les futures sur indices.

La Présidente ayant indiqué ne pas avoir lu le livre pourtant versé par la partie civile Société Générale au dossier (double !), la question ne risquait pas de provenir de sa part, mais quid de Maître Koubbi ?

Je rappelle que le sujet n'avait pas été abordé non plus en première instance lorsque Martial Rouyère avait témoigné le 21 juin 2010 !

- selon un témoignage dans Challenges d'un ancien cadre informaticien de Fimat, Sylvain Passemar, les données d'un serveur situé à Chicago permettraient d'infirmer ou confirmer le témoignage anonyme selon lequel des mails échangés entre Fimat et SG sur d'énormes transactions auraient été effacés (lire Jour 9)

Annexe 5 Erreurs diverses relevées

1) Presse Article de Stéphane Durand-Souffland Le Figaro 4 juin 2012 Procès Kerviel : l'ex-trader en difficulté
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/06/04/01016-20120604ARTFIG00709-proces-kerviel-l-ex-trader-en-difficulte.php
"Son client reconnaît que «50 milliards (le montant qu'il avait investi fin 2007 sur les marchés, NDLR), c'est une somme astronomique".
Fin 2007, rien n'était investi !

2) Présidente Jour 4 dit que les 6 000 contrats représentes plusieurs milliards, au moins 2 ; non 1,2 milliard d'euros !

3) Jour 5 le rendement de 10 % en assurance vie extrapolé du calcul de rendement d'Olivier Martineau, avocat de la Société Générale

4) Jour 7 une indemnité transactionnelle de 750 000 euros a été versée à Martial Rouyère, censée représenter selon son témoignage sous serment les bonus différés des trois années antérieures à 2007. Or le versement de mars 2008 lui ayant été effectué, il ne reste que deux années de versement concernées, 2009 et 2010 (contre 2011 aussi dans sa déclaration) au titre de 2006 et 2005 seulement, pas 2004 !

5) Pascale Robert-Diard Au procès Kerviel, la trajectoire brisée d’un polytechnicien
http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2012/06/18/au-proces-kerviel-la-trajectoire-brisee-dun-polytechnicien/
"- En 2007, on attend de Jérôme Kerviel un résultat de 2 millions d'euros. Il en fait plus de quarante. Ça ne vous a pas inquiété?"
FAUX, l'objectif de Jérôme Kerviel pour 2007 n'était pas de 2 millions d'euros mais de 10 millions d'euros. A comparer à 42 ME ou 55 ME selon.

6) Le Parisien Quand l’avocat de Kerviel fait sortir la Cour de ses gonds
http://www.leparisien.fr/reactions/faits-divers.php?article=quand-l-avocat-de-kerviel-fait-sortir-la-cour-de-ses-gonds-20-06-2012-2058047&page=0
« A la reprise, Me Koubbi  fait diffuser deux enregistrements montrant selon lui que la hiérarchie « savait » ».
contribution olivier fluke : quel raccourci grotesque ! les deux enregistrements entendus ne montraient en aucun cas grossièrement que la hiérarchie savait

7) Challenges Laure-Emmanuelle HUSSON 19 juin 2012 Quand Kerviel livre ses états d’âme
http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20120619.CHA7671/proces-kerviel-l-ex-trader-de-la-societe-generale-livre-ses-etats-d-ame-a-challenges.html
« L’ancien salarié de la Société Générale nous explique également avec verve comment son ancien employeur, ainsi que les juges, se sont trompés de 3.000 euros dans le montant de sa peine lors du 1er procès. "Pas capable de faire une addition et une soustraction", souligne-t-il. "Tu n’es plus à ça près", plaisante gentiment en retour son avocat, en référence aux 4,9 milliards que Kerviel doit théoriquement rembourser à la banque »

Il y a effectivement une erreur de 3 000 euros en page 69 du rapport de jugement, mais pas sur le montant de la peine, qui est bien de 4 915 610 154 euros, mais sur le chiffre des pertes de 2008, qui au lieu d'être de 6 445 696 815 euros comme en page 67 apparaît à 6 445 693 815 euros en page 69.

Soit l'écart de 3 000 euros.

David Koubbi se trompe donc lorsqu'il indique qu'il y a une erreur sur le montant de la peine.

Sélection d'articles de presse ou de blogs

- RFI Franck Alexandre 28 juin 2012 Procès Kerviel: le chemin de croix du mauvais garçon de la finance

http://www.rfi.fr/france/20120628-proces-kerviel-le-chemin-croix-finance-societe-generale-trader

"Mais il n'y aura pas l'ombre d'un regret. Jusqu'au bout, le mauvais garçon de la finance aura soutenu la thèse de l'employé dévoué et roulé par le système."

- Blog de Stéphane Soumier 21 juin 2012 Jerome Kerviel n'a pas été victime d'une machination

http://www.bfmbusiness.com/toute-linfo-eco/eco-vibes-le-blog-de-st%C3%A9phane-soumier/jerome-kerviel-na-pas-%C3%A9t%C3%A9-victime-dune-machina

« comment se fait-il quun seul de vos traders ait une exposition sur 6.000 contrats futures ? »

contribution olivier fluke : non le courrier d'Eurex ne parlait pas d'une exposition mais de prises de positions de 6 000 contrats en deux heures (1,2 MdE). Si Eurex avait du sortir l'exposition de JK à cette date (en octobre 2007), c'était des milliards d'euros

- Blog de Stéphane Soumier 23 juin 2012 Jérome Kerviel est un Subprime

http://www.bfmbusiness.com/toute-linfo-eco/eco-vibes-le-blog-de-st%C3%A9phane-soumier/j%C3%A9rome-kerviel-est-un-subprime-165094

Les titres peuvent être trompeurs, car je juge le contenu très pertinent, l'auteur pointe véritablement les responsabilités de la Société Générale à leur juste niveau. C'est rare, mais là c'est un satisfecit à Stéphane Soumier.