03 septembre 2009
Un doute existe sur la connaissance par les supérieurs hiérarchiques de Jérôme Kerviel des positions prises : pourquoi...
pourquoi le bénéfice du doute profiterait-il à la Société Générale ? Cette formulation est la transposition aux supérieurs hiérarchiques de Jérôme Kerviel de celle appliquée à Thomas Mougard, l'ex-assistant du trader., dans l'ordonnance de renvoi des juges d'instruction. Dans l'affaire de la fraude à la Société Générale, deux événements importants récents ont fait l'objet de nombreux articles de presse. Lundi 31 août, on apprenait que les juges d'instruction ont renvoyé Jérôme Kerviel devant le tribunal correctionnel. On apprenait plus tard que le vendredi 28 août, la Cour de Cassation va examiner si le pourvoi formulé par le nouvel avocat de JK, Maître Olivier Metzner, de poursuivre l'instruction, est recevable. Si tel est le cas, les demandes d'investigation supplémentaires devront être honorées par l'instruction. Un article du 2 septembre 2009 publié par France Soir et intitulé Nouveau rebondissement après son renvoi devant le tribunal, cite l'ordonnance de renvoi de 73 pages. Des extraits publiés dans Le Figaro ont déjà fait l'objet d'un article pour en critiquer l'incohérence. http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2009/07/06/14311519.html Fraude à la SoGé. Les extraits du réquisitoire du parquet de Paris à l'encontre de Jérôme Kerviel à l'épreuve. Recalés ! D'après France Soir, "L'ancien assistant de Jérôme Kerviel, Thomas Mougard, mis en examen pour complicité d'introduction frauduleuse de données dans un système informatisé, a bénéficié d'un non-lieu. Les juges estiment qu'un "doute existe sur la connaissance" qu'il avait des positions prises par Jérôme Kerviel."" C'est la meilleure ! Le bénéfice du doute se fait au profit de Thomas Mougard ! Et pourquoi donc ? Si une telle formulation est possible à l'encontre de Thomas Mougard, qu'en est-il des supérieurs hiérarchiques directs de Jérôme Kerviel, n+1, n+2, n+3, donc de la Société Générale ? Car le point crucial dans cette affaire, c'est qu'il suffit qu'un autre collaborateur de la Société Générale (un supérieur hiérarchique opérationnel ou bien un collaborateur d'une activité transversale) ait été au courant pour que la Société Générale se retrouve le bec dans l'eau, ou plutôt (par référence à certaines publicités), le doigt dans le pot de confiture. N'existe-t-il pas un doute sur la connaissance par les supérieurs hiérarchiques directs de Jérôme Kerviel des positions prises ? Je me répète, mais Eurex a alerté la Société Générale deux fois en novembre 2007, notamment sur le chiffre de 6 000 contrats, information qui n'aurait pas été lue par le supérieur direct Eric Cordelle qui a déclaré aux juges d'instruction "je n'ai rien vu" ou bien "je reçois 200 ou 300 mails par jour". On peut douter qu'il ait lu l'alerte ou qu'il ne l'ait pas lue. Mais si le bénéfice du doute profite à la Société Générale, c'est que l'instruction est biaisée. Car pourquoi accorder du crédit à Eric Cordelle qui se justifie par le nombre de mails de sa boîte de messagerie pour justifier qu'il n'ait pas lu une alerte d'un organisme extérieur, ce qui en terme de priorité doit passer bien avant les autres 200 à 300 mails. Surtout si dans le même temps la Société Générale dans son rapport de mai 2008 écrivait (je me répète mais c'est tellement gros) "ni son propre superviseur n'ont procédé à une revue adéquate des activités du trader sur la base des états et rapports disponibles ", donc en somme d'après la Société Générale Eric Cordelle ne faisait pas son boulot mais en plus il n'avait pas le temps de lire les mails importants de sa messagerie. Il faisait quoi au juste alors ? Et donc en quoi le bénéfice du doute (qu'il ait lu ou non l'alerte Eurex) lui serait favorable à lui aussi ? Au passage, je vais m'atteler à rédiger un article sur la théorie du complot consistant à affirmer que Jérôme Kerviel n'était qu'un pion, que les grands pontes de la Sogé étaient au courant, que du coup les commissaires aux comptes, PWC, la Commission Bancaire, les juges d'instruction, tous ceux qui ont été mis dans le circuit avant ou après l'annonce de la fraude, sont aussi dans le coup. Plus grosse est la fable, plus elle va permettre de masquer l'essentiel. Pendant qu'on disserte sur la théorie du complot, on oublie de démontrer que des supérieurs hiérarchiques n'ont pas pu ne pas être au courant des dépassements du trader, surtout à partir des alertes Eurex de novembre 2007, à un point tel que le doute en leur faveur (et donc en faveur de la Société Générale) constitue une instruction à charge contre Jérôme Kerviel. Car si JK n'était pas seul à savoir avant la découverte, et notamment sa hiérarchie, alors la Sogé peut ravaler sa plainte illico !
08 août 2009
Article sur Frédéric Oudéa dans L'Expansion. Impayables ces banquiers !
Un article de 3 pages « Frédéric Oudéa, redresseur de sort » est consacré au superbe parcours de Frédéric Oudéa, le nouveau PDG de la Société Générale, dans le numéro de juillet août 2009 de L'Expansion.
Rappelons que le scandale SG Kerviel a servi de tremplin à Frédéric Oudéa, là où dans un monde juste c'est plutôt un toboggan vers la sortie qu'il aurait pris manu militari.
Etats financiers faux en 2007, services incapables de comprendre les alertes qui fournissaient des écarts à la comptabilité, et j'en passe.
Il me semble que les gratifications sont pyramidales, les responsabilités également. Mais pour certains, le fait d'assumer ses responsabilités semble être une pyramide inversée.
Frédéric Oudéa, une fois aux manettes, était sur le point de se voir attribuer en mars 2009 150 000 stock-options à un cours de référence proche de 20 euros, ce qui, aux cours actuels et sous respect des conditions du plan lui auraient permis, aux cours de l'action SG d'aujourd'hui (proche de 50 euros), d'espérer des millions d'euros de rémunération supplémentaire.
Sous la pression de la vindicte populaire, il a dû renoncer.
Mais tout est bon pour se pavaner et se mettre en avant.
Je n'en ai pas cru mes yeux en lisant et ai failli m'étouffer.
« ...avant d'être nommé directeur général des opérations du département actions, en 1999. Il participe notamment à la mise en place du système informatique pour le back-office. »
On l'a vu ce système a fait ses preuves avec le scandale SG JK !
« « Un système qui fonctionne encore », souligne-t-il, non sans une pointe de fierté. »
Quel toupet ! Il doit se sentir vraiment intouchable (l'article de L'Expansion indique que FO est passé entre les gouttes après l'affaire des stock-options en partie grâce à ses bonnes relations avec Nicolas Sarkozy) pour sortir une ânerie pareille, faisant comme s'il ne s'était rien passé à la Société générale en janvier 2008 qui n'ait eu un lien avec la qualité du système d'information, notamment en place au back-office.
Démonstration.
Extrait du rapport SG définitif de mai 2008 de la mission Green :
page 24 techniques utilisées par JK pour masquer le caractère fictif ou indu des écritures
« pour cela il utilisait des caractéristiques qui lui laissaient le temps de les annuler et de les remplacer par de nouvelles transactions :
les transactions face à des contreparties dites « techniques » ... ces transactions figurent en effet dans le système front office d'où proviennent les données de risques ... mais elles ne sont versées ni dans les applications back office ni à fortiori en comptabilité ... »
Où l'on comprend que les liens entre back office (système vanté par Frédéric Oudéa) et front office ont permis à un trader isolé de masquer pendant des mois et des mois des positions non-autorisées.
Ce qu'il y a de nouveau dans l'article de L'Expansion, c'est que Frédéric Oudéa puisse se permettre de se vanter d'avoir mis en place un système informatique qui a tant fait ses preuves après le scandale de la fraude à la Société générale.
Et pour en rajouter !
Extrait de la synthèse du diagnostic de PWC et analyse du plan d'action du 23 mai 2008 :
« la mise en place ou le renforcement des contrôles au niveau des middle et back offices a pour objectif de confirmer la réalité des transactions et de s'assurer du bien-fondé de leur annulation ou modification après la saisie. Ces actions trouvent leur origine dans les techniques de dissimulation utilisées par le trader ».
Fier de son système informatique encore en place !
Ces banquiers sont décidément impayables !
06 juillet 2009
Fraude à la SoGé. Les extraits du réquisitoire du parquet de Paris à l'encontre de Jérôme Kerviel à l'épreuve. Recalés !
Mon dernier article sur l'affaire Société Générale - Kerviel date du 16 février 2009. Depuis, Jérôme Kerviel a pour la troisième fois changé d'avocats, Olivier Metzner devenant son nouveau défenseur fin mars dernier. Ce dernier demande aux juges de poursuivre leur enquête, en vain. Le 25 juin dernier, le parquet requiert le renvoi du trader en correctionnelle, ce qui le rend passible de 5 ans de prison et 375 000 euros d'amende. Mais c'est l'article paru dans Le Figaro du 26 juin dernier http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/06/26/01016-20090626ARTFIG00449-affaire-kerviel-le-requisitoire-du-parquet-de-paris-.php qui me fait réagir. Des extraits des 71 pages du réquisitoire du parquet de Paris réclamant le renvoi en correctionnelle de Jérôme Kerviel sont publiés. 1 page d'extraits seulement sur les 71 pages du réquisitoire, c'est bien peu. Selon Le Figaro, le document soulignerait la responsabilité pénale du trader. Le chef de la section financière, Jean-Michel Aldebert, signataire du document, réfuterait les arguments de JK sur la connaissance des dépassements par sa hiérarchie. Je suis plutôt d'accord avec les extraits du réquisitoire concernant les points suivants : - le non-respect de l'engagement à ne pas dépasser pour l'ensemble de l'équipe Delta One la limite de risque directionnel de 125 millions d'euros en fin de journée ; - l'idée que la perspective de négocier un bonus plus élevé revient à un gain financier personnel, autant alors appeler un chat un chat, c'est-à-dire un enrichissement personnel. A l'inverse, deux extraits me font bondir. 1) "Il contestait avoir utilisé des logins d'autres personnes pour effectuer les opérations de dissimulations." Cet extrait ne signifie pas que les enquêteurs pensent que Jérôme Kerviel avait tort de contester. La formulation le sous-entend toutefois. Mais manifestement le fait d'avoir utilisé des logins d'autres personnes pour effectuer les opérations de dissimulation lui est reproché. D'ailleurs parmi les demandes de renvoi en correctionnelle figure l'introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé. Pourtant, le rapport définitif de mai 2008 de la mission Green indiquait : "JK utilisait la possibilité, normalement réservée aux assistants traders (mais sans blocage informatique pour les traders) pour corriger des biais de modélisation, de saisir des provisions positives ou négatives venant modifier la valorisation calculée par le système front office". Cela concerne 9 opérations. Et aussi : "Enfin, JK a utilisé le système informatique du front office pour enregistrer de nombreuses écritures fictives ou indues mais nous n'avons pas détecté d'utilisation de l'identifiant d'un autre agent à son insu." Des saisies non-prévues normalement oui, l'utilisation de logins d'autres personnes pour effectuer les opérations de dissimulations NON. Et cela après plusieurs mois d'enquête par la Société Générale elle-même. Par quel miracle les juges pourraient-ils alors contester la version de JK qui est en ligne avec le rapport définitif de la mission Green ? Pourquoi Jérôme Kerviel est-il alors poursuivi pour introduction frauduleuse de données dans un système de traitement automatisé ? Quelle est la responsabilité de la Société Générale de ne pas protéger la saisie des données dans ses systèmes d'information puisqu'en apparence on peut frauder sans utiliser de login d'autrui ? 2) "En définitive, la fin de l'information et notamment le transport des magistrats instructeurs à la Société générale (…) permettent non seulement de confirmer les aveux du trader et sa responsabilité dans la fraude massive mais aussi l'impossibilité pour la banque de déceler celle-ci, avant le mois de janvier 2008." Alors là je n'en crois pas mes yeux. Impossibilité pour la Société Générale de détecter la fraude ! Sans être exhaustif : - 2 milliards d'euros d'appels de marge (trésorerie négative) cumulés fin juin 2007 auprès d'Eurex en raison des pertes latentes de JK ! - 1,4 milliards d'euros de trésorerie positive fin décembre 2007 issue du débouclage des opérations du trader en 2007 ! - les dizaines d'alertes internes, les alertes externes Fimat et surtout Eurex de novembre 2007 ! Même les conclusions du rapport définitif de mai 2008 de la mission Green de la Société Générale étaient pourtant claires sur ce point : "La hiérarchie du trader, qui constituait le premier niveau de contrôle, s'est avérée défaillante dans la supervision de ses activités ... ni lui ni son propre superviseur n'ont procédé à une revue adéquate des activités du trader sur la base des états et rapports disponibles ou réagi aux alertes qui leur auraient permis d'identifier les positions dissimulées" Qui leur auraient permis ! Il était donc possible de déceler la fraude. Toute la question ne repose pas donc sur le fait que des personnes de la SG ne pouvaient pas déceler la fraude, car elles le pouvaient. La question est : des personnes ont-elles décelé les opérations non-autorisées avant janvier 2008 ? Mon opinion, telle qu'exprimée dans mon livre, et qui n'a pas varié, est la suivante : les alertes Eurex de novembre 2007 devaient permettre, à moins d'être aveugles, aux supérieurs directs de JK d'être informés d'opérations non-autorisées ! Si la fraude a été détectée en janvier 2008, c'est notamment en raison des calculs réglementaires de solvabilité qui ont été effectués de manière sérieuse suite à la clôture comptable de fin 2007. Dans mon livre, j'explique que de tels calculs sont aussi effectués fin juin 2007 Ces remarques tendent à fragiliser le niveau de pertinence des extraits du réquisitoire publiés par Le Figaro. Mais il ne s'agissait que d'extraits ...
16 février 2009
Le jour et la nuit. Jour article du Times Online : JK Tricks of the trader Nuit article du Monde. JK Mauvais joueur
For english, please use translator tool.
article du Monde http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/02/14/jerome-kerviel-mauvais-joueur_1155424_0.html
http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/banking_and_finance/article5716179.ece
Les lecteurs qui ont réagi à l'article de Gérard Davet paru dans Le Monde du 14 février 2009 intitulé "Jérôme Kerviel mauvais joueur" ont souvent montré leur indignation.
Les reproches adressés sont de plusieurs sortes :
- l'article épargnerait la Société Générale alors que Jérôme Kerviel ne serait pas ménagé ;
- l'insertion d'informations personnelles et privées, telles qu'extraits de textos, ferait davantage ressembler Le Monde à un canard de presse people ;
- le secret de l'instruction serait trop facilement brisé.
Je rejoins la plupart des critiques formulées, même si la publication d'extraits d'auditions a contribué à la rédaction de mon livre. Après tout, c'est notamment par ces extraits qu'on lit officiellement que le trader a reconnu avoir dissimulé ses opérations non-autorisées par des opérations fictives.
La responsabilité de la Société Générale et les défaillances des nombreux services de la banque ne semblent pas intéresser l'auteur de l'article plus que cela :
"En juillet, puis en octobre, ses positions nettes atteignent 30 milliards d'euros, sans que sa hiérarchie soit au courant, si l'on en croit les enquêteurs, qui notent tout de même que 39 alertes ont été relevées par l'inspection générale de la banque, tout au long de l'activité de M. Kerviel."
"Les juges ont estimé, dans une récente ordonnance, que les "services de contrôle" de la banque, quoique clairement défaillants, avaient été "abusés" par le trader."
Voilà tout. C'est clairement insuffisant.
L'affaire Société Générale Kerviel fuit de partout.
Et quand est-il de l'affaire Caisses d'épargne - Boris Picano-Nacci ?
Alors là c'est le silence radio. Pas de bruit. On est passé d'un extrême à l'autre. Risque d'étouffement de l'affaire ? Que se passe t-il ?
Dans le même temps, The Sunday Times publie un article assez complet au plan technique dans son édition du 15 février 2009 intitulé "Jérôme Kerviel : Tricks of the trader". L'auteur de l'article est Philip Delves Broughton.
L'article livre la description complète des événements du mois de janvier 2008, de la détection de la fraude au fonctionnement du débouclage des positions découvertes. Mais également du parcours de JK au sein de la SG.
La responsabilité de la SG est clairement posée dans quelques phrases :
"Kerviel has said all along that he knew what he did was not right. But it was up to the bank to stop him. And they did not. He wasn’t doing anything especially complicated or devious. And he took their failure to intervene as permission to continue."
traduction : Kerviel a toujours affirmé qu'il savait que ce qu'il faisait n'était pas correct. Mais c'était à la banque de l'arrêter. Et ils n'ont rien fait. Il ne faisait pas quelque chose de particulièrement compliqué ou tortueux. Et il a pris cela pour une permission pour poursuivre.
Et la fin de l'article :
"But if you set aside the legal arguments, all Kerviel is saying is this: when he did what he did, clever people saw but did not care. Given all we now know about the financial system in which he thrived, is this really so hard to believe?"
Traduction : Mais si vous laissez de côté les arguments légaux, tout ce que Kerviel affirme c'est que lorsqu'il a agi, des personnes brillantes voyaient mais s'en fichaient. Vu tout ce qu'on sait maintenant du système financier dans lequel il évoluait, est-ce si dur à croire ?
Le jour et la nuit donc en terme de qualité de rédaction d'article aussi bien sur la forme que sur le fond.
22 janvier 2009
Interviews non-autorisées de Jérôme Kerviel dans Le Parisien. Technicité de l'affaire, les 49 milliards d'engagement, le système
21 janvier 2009, Jérôme Kerviel est convoqué pour une possible dernière audition par les magistrats Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset. Les avocats de l'ancien trader de la Société Générale espèrent une poursuite de l'enquête.
Le même jour, Le Parisien publie plusieurs articles dont des extraits d'interviews de Jérôme Kerviel réalisés par les journalistes Elizabeth Fleury et François Vignolle.
Les journalistes auraient rencontré le trader à 6 reprises entre mi-novembre et mi-décembre 2008, les extraits reprendraient le contenu de ces entretiens.
Problème, le trader dément sur RTL avoir donné de tels propos. Il n'aurait jamais donné d'interview au journal Le Parisien, les propos auraient été tenus de manière "privés".
Parmi les propos qu'il aurait tenus : "La difficulté dans cette affaire, c'est son aspect technique. Pour comprendre qui savait quoi et comment les contrôles devaient fonctionner, il est nécessaire de faire un gros effort d'analyse technique."
Je suis bien d'accord, et la présentation de mon livre en quatrième de couverture est sans ambiguïté, le livre n'est pas un livre pour le grand-public, qui lui peut se contenter de photos dans Voici et Gala. "Le lecteur averti ...pourra acquérir une compréhension précise de ce qui s'est passé, alors qu'il s'agit d'une affaire techniquement complexe".
Précise au sens où par exemple il convient de bien comprendre les chiffres et les termes financiers, d'autres ouvrages parus sur le sujet les ayant manipulés avec de trop nombreuses erreurs.
Néanmoins je n'ai pu prétendre atteindre dans mon travail un niveau satisfaisant de précision que sur les éléments en ma disposition.
Pour aller plus loin, il aurait fallu que je puisse intervenir en tant qu'auditeur interne sur une période de 15 jours par exemple avec accès à toutes les informations. Il aurait alors été envisageable de prétendre atteindre une niveau satisfaisant de compréhension sur "qui savait quoi et comment les contrôles devaient fonctionner". Même pas en rêve.
Dans un autre article publié par Le Parisien http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-mobile-de-jerome-kerviel-reste-obscur-22-01-2009-382475.php, un des avocats de la Société Générale, Maître Jean Veil, donne la bonne parole de la banque.
"Dans les quinze premiers jours de janvier 2008, les positions de Jérôme Kerviel représentent, au total, 48 milliards d'euros. Le jour où ses supérieurs le convoquent, alors qu’il sait qu’il va être pris, il continue à prendre des risques et engage, sur les marchés, 800 millions d’euros supplémentaires."
L'addition s'il vous plaît ! Cela fait 49 milliards d'euros. Cela a été, de manière invariable, le montant communiqué par la Société Générale des engagements pris en janvier 2008 par le trader.
Mes travaux ont démontré que le montant des engagements s'élevait en fait à 52 milliards d'euros, mon livre le révèle.
Peine perdue, l'histoire retiendra ces 49 qui sont faux.
La Société Générale était le dépositaire d'un contrôle interne soi-disant adapté qui s'est révélé particulièrement défaillant.
Je retiendrai donc à nouveau de ce scandale, que les systèmes mis en place par les dirigeants, qu'ils soient politiques ou bien financiers, présentent une capacité de résistance inouïe, qui permet à leurs architectes de poursuivre leurs bonnes actions comme si de rien n'était.
Jérôme Kerviel devrait plonger, mais pas le système (tout va bien dans le meilleur des mondes dixit notre document de référence validé par nos commissaires aux comptes et la commission bancaire qui veille à ce que tout aille bien) qui n'a rien vu pendant près d'un an.
Bernard Madoff devrait plonger, mais pas le système (des commissionnaires de tous bord, gestionnaires, dépositaires, conseillers, la SEC bien sûr) qui lui a permis de prospérer et qui lui aussi a défailli.
L'affaire Enron avait abouti à la chute d'Arthur Andersen, preuve qu'un acteur important du système peut lui aussi être atteint néanmoins. Idem pour Lehman Brothers.
Mais que le Président de la Société Générale Daniel Bouton le soit encore et que le Directeur Financier au moment des faits Frédéric Oudéa puisse être promu Directeur Général ... une potion bien indigeste...
18 décembre 2008
Bientôt une expertise informatique des opérations de Jérôme Kerviel au siège de la Société Générale
Source article de l'AFP sur Boursorama.
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_societes.phtml?news=6202951&symbole=1rPGLE
Une expertise informatique serait prochainement conduite au siège de la Société Générale pour valider le CD -Rom des opérations de Jérôme Kerviel qui a été versé au dossier.
Les avocats de la défense auraient donc obtenu gain de cause. La pression dans quelques médias (pas tous) sur la conduite de l'enquête "à charge" y serait-elle pour quelque chose ?
D'après un article du Parisien de ce jour cité par la dépêche de l'AFP, une copie du même CD-Rom obtenue par la défense ne serait pas identique à celui versé au dossier.
Plusieurs opérations réalisées, dont l'une de 7 milliards d'euros, auraient disparu de l'une des copies.
D'après l'avocat de la Société Générale Maître Jean Veil il n'y a là qu'une fausse alerte, les 2 CD-Roms seraient identiques, et la copie aurait été donnée "gracieusement" aux avocats de la défense pour faciliter leur travail.
Tout cela est assez flou et il faudra attendre avant d'en savoir plus.
Il est dommage que l'expertise informatique se cantonne à la Société Générale et ne couvre pas les intermédiaires, notamment la chambre de compensation Eurex, ce qui permettrait d'obtenir une confirmation externe de l'ensemble des opérations.
Les nettoyages informatiques existent, ce serait un moyen (et encore) de s'assurer qu'il n'y en ait pas eu.
De plus, je doute que le contenu de tels CD Roms aborde le thème des contreparties, ce qui serait pourtant fort utile pour apprécier si ceux qui ont gagné à un moment ou à un autre sont liés aux uns ou aux autres par quelque manière que ce soit.
L'analyse des opérations des autres traders du desk Delta 1 pourrait également confirmer ou infirmer les dérives notamment pointées dans un article de Libération du 18 novembre 2008.
cf http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2008/11/18/11413124.html
11 décembre 2008
Emission BFM Le 9 10 du mercredi 10 décembre 2008 en partie sur l'affaire Kerviel
L'émission est animée comme chaque matin par Stéphane Soumier. Ses invités ce jour là : Guillaume Dard, PDG de Montpensier Finance, Pierre-Angel Gay, rédacteur en chef de La Tribune, Christian Poyau, Président d’honneur de Croissance Plus et PDG de Micropsole Univers.
Une des 4 parties de l'émission (moins de 7 mn) a concerné la fraude à la Société Générale, en raison des derniers développements de l'affaire, à savoir la publication par des médias d'une partie des ordonnances rendues récemment par le juge Van Ruymbeke notamment, tendant à rendre seul responsable des faits le trader Jérôme Kerviel.
voir article sur mon blog http://olivierfluke.canalblog.com/archives/2008/12/09/index.html
Je remarque que le mardi 18 novembre 2008, jour où ont été publiés les articles de Nicolas Cori dans Libération mettant en cause la qualité de l'instruction et la responsabilité de la Société Générale, l'émission n'a pas abordé ce thème.
Donc on en parle le jour où cela semble favorable à la Société Générale et pas l'inverse.
Le contenu des propos de l'émission du jour va encore plus loin.
Extraits.
Stéphane Soumier "et notamment le célèbre juge Renaud Van Ruymbeke qu'on ne peut absolument pas soupçonner de la moindre complicité vis-à-vis de qui que ce soit".
Curieuse façon pour un journaliste d'émettre un postulat aussi catégorique.
Surtout que juste après il ajoute : "les juges, à travers les ordonnances, et en refusant en fait l'ensemble des demandes des avocats de Jérôme Kerviel, ce qui quand même est assez spectaculaire".
Etonnant non ?
"Jérôme Kerviel était tout seul, qu'il a parfaitement dissimulé son affaire, ils ne voient pas quelle faute, quelle faute pénale a pu commettre la Société Générale"
Bien sûr, JK avait tellement parfaitement dissimulé son affaire que près de 90 alertes internes ont transité dans de nombreux services de la Société Générale. Sans compter les alertes Eurex non plus. Mais de cela pas un des intervenants ne va le développer.
Le débat va se poursuivre sur le thème de l'influence sur le cours de bourse de la Société Générale par la médiatisation de l'affaire.
Guillaume Dard parle de JK comme d'un "Arsène Lupin, sans violence que les français ont bien aimé .. je pense que les juges ont bien raison .. il faut être vraiment un maniaque de la théorie du complot pour croire que c'était la Générale qui .. fermait les yeux".
Cet intervenant souligne que les récents développements vont dans le sens d'un risque moindre vis-à-vis d'éventuelles class actions aux Etats-Unis, "et donc cela éviterait que la Société Générale ait à payer paradoxalement une indemnité sur le fait qu'elle ait perdu de l'argent.. qui sont des logiques qui nous échappent un peu".
Ah bon ? Et lorsque la Commission Européenne lance des procédures contre la France pour non-respect des engagements de Maastricht (déficit inférieur à 3% du PIB) avec des amendes à la clé, n'est-ce pas la même logique ? Il faut bien contraindre ceux qui ne respectent pas leurs engagements, on va pas leur verser de l'argent non plus ?
Pierre-Angel Gay "depuis le début on connaît l'histoire .. on a bien vu après qu'il y avait une communication organisée ...oui on aurait facilité une OPA .. on ne se serait pas pris autrement".
Et Stéphane Soumier de faire le lien avec la Rosbank. Même si lui-même en doute "la France n'a eu besoin de personne pour prendre le parti de Jérôme Kerviel".
Comme si les oligarques russes ayant des intérêts dans la banque russe Rosbank avaient eu intérêt à promouvoir une communication pro Kerviel susceptible de mettre en danger la Société Générale.
En terme de théorie du complot ils sont pas mal non plus ceux-là !
Pierre-Angel Gay, rédacteur en chef de La Tribune : "j'ai été absolument sidéré de voir un de nos confrères récemment faire une page complète accusant le juge Van Ruymbeke de ne pas faire son travail ...le parti pris était devenu tel ...c'est une histoire triste ...histoire un peu minable, marginale".
Le confrère en question est sans doute Nicolas Cori de Libération.
Une histoire marginale ? 5 milliards d'euros de perte, comme si des mois pendant lesquels de nombreux services de la Société Générale n'ont rien vu, des comptes 2007 faux. Une histoire marginale ? Comme si les dérives des salles de marché et des traders, confère le scandale également des Caisses d'Epargne et de Boris Picano-Nacci, c'était du marginal ?
La Tribune, rompez les rangs.
Les débats se poursuivent sur le thème du mode de rémunération des traders, en faisant le lien entre performance et bonus, thème abordé de manière assez pertinente par les intervenants.
Mais alors la fin est grotesque.
Guillaume Dard, PDG de Montpensier Finance : "moi je trouve, de cette affaire Kerviel, qui est finalement sans grand intérêt, il faut quand même le dire".
Une affaire sans grand intérêt ! Je souhaite à ce Monsieur d'avoir la même réflexion au cas où un jour sur son compte en banque il manquerait ne serait-ce que 5 000 euros. Sans grand intérêt.
J'aimerais d'ailleurs, sans rapport avec le sujet initial, mais cela me démange, bien savoir si les 3 personnes invitées touchent de l'argent (et combien) pour, à 4 (les 3 intervenants et le journaliste) parler sur une heure d'émission en temps réel 30 minutes, ce qui fait 7 minutes 30 par personne dans l'heure. Alors qu'elles ont apparemment des responsabilités professionnelles importantes et théoriquement prenantes par ailleurs.
09 décembre 2008
Article de l'AFP du 8 décembre "Une confrontation Kerviel/directeur Socgen reportée à la demande de Kerviel"
Lien vers l'article http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_societes.phtml?&symbole=1rPGLE&news=6166833 Refus des juges d'accepter une expertise indépendante sur le débouclage des positions non-autorisées On apprend que pour des raisons de procédure cette confrontation entre Jérôme Kerviel et le directeur juridique de la banque Gérard Gardella a été reportée. Elle devait avoir lieu lundi 8 décembre. Les juges Van Ruymbeke et Desset auraient surtout, selon l'article, refusé vendredi dernier une demande de réalisation d'expertises informatiques. Là c'est incroyable ! Pourquoi faire confiance à la Société Générale pour le montant du préjudice de 6,4 milliards d'euros sans qu'une expertise informatique indépendante ait pu s'assurer de leur réalité et de leur authenticité ? Ce ne sont pas les services internes de la banque ni les commissaires aux comptes Ernst & Young et Deloitte (en conflit d'intérêt sur de nombreux sujets dans cette affaire où leur professionnalisme est mis en cause, les comptes 2007 erronés et le manque de fiabilité du processus d'établissement des états financiers, l'opinion sur le contrôle interne, la non-détection de la fraude malgré des multiples alertes d'écart compta - front depuis mars 2007) qui peuvent servir de garantie à ce sujet. Une expertise informatique indépendante est indispensable ! La Société Générale aurait-elle des choses à cacher dans les opérations de débouclage ?
08 décembre 2008
Article du Figaro du 8 décembre "Le revirement des juges à l'égard de Kerviel" par Mathieu Delahousse
lien vers l'article 1) Un schéma impliquant 67 salariés de la SG Selon cet article, Jérôme Kerviel aurait dressé une liste de 67 salariés de la Société Générale ayant été destinataires de données explicites. Parmi les 67 salariés concernés : - 7 supérieurs hiérarchiques ; - salariés de la Direction Financière, de la Direction du Risque et des services de contrôle. Jusque là la défense du trader n'est pas parvenue à convaincre les juges que des salariés étaient au courant. L'expression "destinataires de données explicites" a sans doute pour objectif de faire à nouveau entendre la formule "la SG ne pouvait pas ne pas savoir". 2) Autres sujet, la demande rejetée par les juges de la confrontation avec Daniel Bouton. Les avocats du trader ont fait appel de l'ordonnance des juges, en arguant que le PDG (qui n'est plus que P. aujourd'hui) avait présenté dans les documents de référence de la banque les différents niveaux de contrôle interne. Encore un thème abordé dans mon livre : Chapitre IX Le contrôle interne à la Société Générale page 104 Le rapport du Président du Conseil d'administration de la Société Générale sur le contrôle interne dans les documents de référence 2007 et 2008
page 105 Le premier niveau de la supervision permanente, au niveau de l'agent Jérôme Kerviel, a failli. Le second niveau reposait sur sa hiérarchie. La seule revue du book de Jérôme Kerviel par un de ses supérieurs hiérarchiques aurait suffi à se rendre compte de la fraude. Comment le second niveau de la supervision permanente n’aurait-il pas failli ?
page 106 Or, c'est le Président du Conseil d'administration de la Société Générale, qui lui-même, dans ce rapport, a défini que le contrôle interne opérationnel devrait être assuré par la supervision permanente.
en conclusion La pierre angulaire du contrôle interne opérationnel définie par le Président du Conseil d'administration lui-même repose en effet sur le concept de surveillance permanente, qui définit un premier niveau sur l'agent et un second niveau sur sa hiérarchie. La défaillance de la surveillance permanente, donc du contrôle interne opérationnel, implique donc directement le Président. C'est article contre article en ce moment.
05 décembre 2008
Rejet de la demande de confrontation de Jérôme Kerviel avec Daniel Bouton : confusion sur les niveaux de hiérarchie et enjeux su
Un article de l'AFP du 4 décembre 2008 intitulé "SocGen: les juges rejettent une demande de confrontation de Kerviel avec Bouton " voir le lien sur Boursorama http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_societes.phtml?&symbole=1rPGLE&news=6159320 indique que les juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset ont rejeté la demande de confrontation par la défense de Jérôme Kerviel de Daniel Bouton, PDG de la banque au moment des faits avec le trader. Cela serait "sans aucun intérêt pour la compréhension des faits dont nous sommes saisis". En cela je rejoins le point de vue des juges, puisque l'on a bien pu se rendre compte notamment avec les déclarations initiales du PDG de la banque de sa méconnaissance technique du dossier. C'est vrai que dès que les très hauts dirigeants de la banque ont été mis au courant de la situation fin janvier 2008 ils y ont mis fin. Très probable qu'ils aient également mis fin fin juin 2007 s'ils avaient été au courant, puisque les pertes latentes étaient de 2 milliards d'euros. Là où le PDG d'alors devrait s'expliquer, et même démissionner de toute fonction, c'est vis-à-vis de ses actionnaires, vis-à-vis des organes de régulation pour lesquels il a pondu les fameux rapports de gouvernance Bouton. Dans le rapport du Président sur le contrôle interne inclus dans le document de référence, les procédures de contrôle interne du Groupe sont détaillées de manière synthétique. Le Président doit en assumer la responsabilité de leur défaillance. Que l'un des avocats qui défend les intérêts de la Société Générale, Maître Jean Veil, puisse en conclure que "les déclarations de M. Kerviel selon lesquelles sa hiérarchie était au courant sont ainsi clairement démenties", c'est aller trop vite en besogne. Voir notamment l'un de mes précédents articles à ce sujet du 2 décembre Article du Monde du 1 décembre 2008 "le juge Van Ruymbeke à Jérôme Kerviel "Pourquoi inventez-vous des histoires ?"" et le commentaire de JeanGuy78. On ne sait toujours pas si les autres demandes d'actes formulées par les avocats de JK ont été acceptées. Notamment une expertise informatique indépendante sur le débouclage. Je voudrais revenir sur les enjeux d'une telle demande. Non pas que la responsabilité absolue de JK en serait effacée, mais il s'agit d'apprécier sa responsabilité relativement à la Société Générale, dont les défaillances multiples ont surgi dans cette affaire. Il s'agirait d'apprécier dans quelles conditions la perte de débouclage a été générée. Quelle est la réalité de cette perte ? Est-ce qu'une partie de cette perte n'est pas imputable à la Société Générale ? Qui aurait pu bénéficier de cette perte ? Il convient de prouver que la Société Générale directement ou indirectement n'est pas elle-même contrepartie d'une partie des positions débouclées. On a pu apprendre qu'une stratégie de couverture adoptée au cours du débouclage avait permis de couvrir 10 000 contrats FDAX le mercredi 23 janvier 2008. Les avocats de JK considèrent également que c'est au pire moment que les positions ont été débouclées. L'existence (que je mets en évidence dans mon blog) de dizaines de milliards d'euros de positions (source présentation des résultats SG en 2008) qui ont également généré des pertes de milliards d'euros par la crise financière montre que la Société générale détenait dans ses comptes des positions à risque équivalentes à celles de JK. Voir également les remarques effectuées sur l'évolution de la trésorerie du compte SG Fimat Francfort du mois de juillet 2007. La capitalisation boursière de la SG a fondu de plusieurs dizaines de milliards d'euros depuis début 2008 et pourtant la banque n'a pas fait faillite. Or ce n'est pas en 3 jours que les positions débouclées en toute hâte auraient pu générer une telle perte. Une chute conséquente équivalente des cours des FDAX et FESX aurait eu également pour conséquence une crise systémique grave qui n'aurait pas manqué de provoquer un séisme pour l'ensemble du secteur financier. Même si perte comptable et capitalisation boursière ne sont pas identiques bien sûr, ces notions sont liées. Il s'agirait de considérer en fait qu'au moment de la découverte des positions non-autorisées de JK, la perte totale atteignait 1,3 milliards d'euros, décomposée en 1,4 MdE de gain réel fin 2007 et d'une perte latente de 2,7 MdE au soir 18 janvier 2008. En gain de 1,4 MdE fin 2007, en perte de 1,3 MdE le 18 janvier 2008. C'est la vie d'une banque qui prend des risques sur les marchés. Sauf que JK n'y était pas autorisé me direz-vous et vous aurez raison de m'opposer cette remarque. Sauf que le système mis en place permettait une prise de risque qui pouvait permettre de dépasser les limites : - alertes de dépassement et d'écart non apurées ; - système d'information dépassé (cf chantier mis en place depuis) ; - contrôle interne insuffisant (cf chantier mise en place depuis), par exemple absence de contrôle sur les nominaux ; - calcul d'une VaR Value at Risk qui élimine les éléments les plus extrêmes, autant dire que les opérations JK ne rentreraient pas dans le calcul de la VaR qui du coup ne reflète pas la réalité de la situation ; - culture du risque et priorité à l'opérationnel, surcroît de confiance accordé. Bien sûr que celui qui part avec une voiture qui ne lui appartient pas doit être condamné. Voiture qui se trouvait dans un endroit désert depuis plusieurs mois et dont le conducteur avait laissé les clefs à l'intérieur. Et la dissimulation ? Ah oui celui qui est parti avec la voiture a changé les plaques d'immatriculation, le propriétaire comptait sur des centaines de caméras qu'il avait en fait mis en place à la sortie de l'endroit désert. Caméras qui n'ont vu que du feu puisqu'elles étaient configurées pour contrôler la plaque d'immatriculation. Que les tricheurs soient punis. Les incompétents aussi.